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Meilleure prévoyance pour une sage-femme libérale : 49,70 € par jour, et après ?

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 12 octobre 2026

Le régime des sages-femmes libérales verse 49,70 € par jour à partir du 91e jour, pendant trois ans, pour une cotisation forfaitaire de 384 € par an. L'invalidité totale est indemnisée à 13 460 € par an (dernier barème publié par la caisse), sans aucune majoration par enfant — c'est la particularité la plus lourde de ce régime. Un contrat de sage-femme doit donc traiter en priorité l'invalidité et la charge de famille, avant la franchise.

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Ce que verse la CARCDSF aux sages-femmes

Les sages-femmes libérales relèvent de la section sages-femmes de la CARCDSF. Le régime se lit en trois temps.

Prestations du régime des sages-femmes libérales en 2026
SituationPrestation
Jours 4 à 90Socle CPAM des professions libérales : 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, jusqu'à 197,51 € par jour
À partir du 91e jour49,70 € par jour, pendant 3 ans
Invalidité totale13 460 € par an (barème publié en 2025), sans majoration par enfant, jusqu'à l'âge légal de la retraite
DécèsCapital de 15 128 € (14 831 € en 2025), plus, sous conditions, une allocation au conjoint survivant et une allocation d'orphelin par enfant
Cotisation384 € par an, forfaitaire

Le chiffre clé 49,70 € par jour représentent environ 1 512 € par mois. Une sage-femme libérale à 35 000 € de revenu annuel (hypothèse retenue sur cette page) gagne près de 2 917 € par mois. L'écart mensuel dépasse 1 400 € dès le 91e jour d'arrêt.

L'absence de majoration par enfant, et pourquoi c'est déterminant

La plupart des régimes de professions libérales majorent l'allocation d'invalidité par enfant à charge. La CAVP verse 16 872 € par enfant, la CARPV prévoit une rente éducation par classe. Le régime des sages-femmes ne prévoit aucune majoration.

13 460 € par an en invalidité totale, quelle que soit la famille. Une sage-femme avec trois enfants perçoit le même montant qu'une sage-femme sans enfant. Cette absence de majoration rend prioritaire, dans la construction du contrat, une rente d'invalidité complémentaire calibrée sur la charge de famille — avant même l'optimisation de la franchise.

Les critères qui départagent les contrats de sage-femme

La rente d'invalidité et la charge de famille, en premier

Une rente d'invalidité complémentaire, calibrée sur le revenu et le nombre d'enfants à charge, compense le point faible du régime. En cas de décès, la caisse verse déjà une allocation d'orphelin par enfant (jusqu'à 18 ans, 25 ans en cas d'études) : une rente éducation contractuelle la complète, et se chiffre sur le coût réel d'un enfant à charge et sur le nombre d'années restant à couvrir, plutôt que sur un pourcentage arbitraire du revenu.

Le complément d'indemnité journalière dès le 91e jour

Le régime verse 49,70 €. Le complément se calcule par différence avec le revenu journalier. Une franchise contractuelle de 90 jours s'aligne sur le relais de la caisse, mais jusqu'au 90e jour la CPAM ne verse qu'environ la moitié du revenu : elle suppose trois mois de trésorerie. Sans cette réserve, une franchise de 30 jours complète utilement le socle CPAM.

La maternité, un sujet propre à cette profession

Une sage-femme libérale enceinte relève de dispositifs de maternité spécifiques, distincts de l'arrêt maladie. Un contrat qui exclut la grossesse pathologique, ou qui la soumet à un délai de carence long après la souscription, laisse un angle mort important pour une professionnelle susceptible d'être enceinte pendant son exercice. Voir grossesse, maternité et prévoyance.

Les troubles musculo-squelettiques et le dos

Les postures de travail, les visites à domicile, le port de matériel : les lombalgies figurent parmi les premiers motifs d'arrêt. Un contrat qui exclut les affections du rachis, ou les conditionne à une hospitalisation, écarte le risque le plus probable.

Exemple : Léa, 36 ans, sage-femme libérale à Nantes, deux enfants

Léa déclare 35 000 € de revenu. Une hernie discale opérée lui vaut sept mois d'arrêt, suivis d'une invalidité reconnue à 70 %.

  • Jours 4 à 90 : socle CPAM libéral, 35 000 ÷ 730 = 47,95 € par jour, soit environ la moitié de son revenu.
  • Jours 91 à 210 : 49,70 € par jour, soit 5 964 €, quand son revenu sur la période représente environ 11 500 €.
  • Invalidité : 13 460 € par an, sans majoration pour ses deux enfants. Soit 1 122 € par mois.
  • Avec un contrat adapté : complément d'indemnité journalière portant le total à 80 % du revenu, rente d'invalidité complémentaire tenant compte de ses deux enfants, et rente éducation par enfant en cas de décès.

Dans son cas, c'est la rente d'invalidité complémentaire qui change le plus la situation de la famille : la caisse lui verse le même montant qu'à une sage-femme sans enfant.

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Trois erreurs fréquentes chez les sages-femmes

  • Choisir la franchise sans regarder sa trésorerie. Jusqu'au 90e jour, la CPAM ne verse qu'environ la moitié du revenu (47,95 € par jour pour 35 000 €). Une franchise de 90 jours ne se justifie qu'avec trois mois de réserve ; sans elle, une franchise de 30 jours complète le socle, elle ne le double pas.
  • Confondre mutuelle et prévoyance. La mutuelle rembourse des soins, la prévoyance remplace un revenu. Les deux sont nécessaires et ne se substituent pas. Voir mutuelle ou prévoyance.
  • Souscrire sans traiter la charge de famille. L'invalidité sans majoration par enfant est le point où le régime des sages-femmes est en retrait par rapport à d'autres professions de santé.

Quand une couverture légère suffit

Une sage-femme exerçant en libéral à temps partiel, avec une activité salariée hospitalière principale, bénéficie déjà de la prévoyance de son employeur et du régime général. Doubler la couverture sur la part libérale n'apporte souvent qu'un gain marginal. De même, une sage-femme sans personne à charge, avec un patrimoine constitué et sans crédit en cours, peut légitimement se limiter au complément d'indemnité journalière, sans rente éducation ni capital décès étendu.

Comment choisir un contrat de sage-femme

L'absence de majoration par enfant déplace l'ordre des priorités. Trois points passent avant la discussion tarifaire.

  • Une rente d'invalidité qui tient compte des enfants, et une rente éducation en cas de décès. L'invalidité sans majoration par enfant est le point où ce régime est en retrait par rapport à d'autres professions de santé. Voir capital décès et rentes.
  • Le traitement de la grossesse pathologique. Une exclusion ou un délai de carence long sur ce point laisse un angle mort. Voir grossesse, maternité et prévoyance.
  • Le dos, sans condition d'hospitalisation. Postures de travail, visites à domicile, port de matériel : les lombalgies figurent en tête des arrêts. Voir exclusions dos et psy.

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Comparatifs des professions voisines

La méthode reste la même ; ce sont le barème de la caisse et la hiérarchie des exclusions qui changent.

Questions fréquentes

Combien verse la CARCDSF à une sage-femme en arrêt ?

49,70 € par jour à partir du 91e jour d'arrêt, pendant trois ans. Avant le 91e jour, seul le socle des indemnités journalières CPAM des professions libérales intervient, du 4e au 90e jour, avec un montant proportionnel au revenu. La cotisation du régime est forfaitaire, à 384 € par an en 2026.

La grossesse est-elle couverte par un contrat de prévoyance ?

Cela dépend du contrat. La maternité relève de dispositifs spécifiques distincts de l'arrêt maladie. Certains contrats excluent la grossesse pathologique ou la soumettent à un délai de carence long après la souscription. Pour une sage-femme libérale, ce point mérite une vérification avant toute comparaison de prix.

Quel capital décès prévoit le régime ?

Un capital de 15 128 € (14 831 € en 2025), non imposable, versé en priorité au conjoint ou aux descendants. S'y ajoutent, sous conditions, une allocation au conjoint survivant (mariage depuis au moins 2 ans ou enfant commun, jusqu'à 65 ans) et une allocation d'orphelin par enfant jusqu'à 18 ans, 25 ans en cas d'études, calculées en points. Sur une famille avec un crédit immobilier en cours, l'écart avec le besoin réel reste important.

Y a-t-il une majoration par enfant en cas d'invalidité ?

Non, et c'est la particularité la plus lourde de ce régime. L'invalidité totale est indemnisée à 13 460 € par an sans aucune majoration par enfant, là où la plupart des autres régimes libéraux en prévoient une. Une sage-femme avec trois enfants perçoit le même montant qu'une sage-femme sans enfant.

Quelle franchise choisir pour une sage-femme libérale ?

Une franchise de 90 jours est le choix par défaut le plus rationnel, car elle s'aligne exactement sur le régime : le socle CPAM couvre jusqu'au 90e jour et la caisse prend le relais au 91e. Une franchise plus courte double une couverture qui existe déjà.

Faut-il une rente éducation dans le contrat ?

C'est le poste prioritaire pour une sage-femme avec des enfants, précisément parce que le régime obligatoire n'en prévoit aucune et ne majore pas l'invalidité par enfant. La rente se chiffre sur le coût réel d'un enfant à charge et sur le nombre d'années restant à couvrir.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il rédige et vérifie l’ensemble des contenus de ce site. Il conseille les indépendants et les dirigeants sur leur prévoyance, leur mutuelle et leur assurance de prêt, à partir des barèmes des treize caisses obligatoires.