Comparatif prévoyance médecin libéral : comment choisir en 2026

Pour un médecin libéral, le critère qui décide de tout est la rente d'invalidité en barème professionnel avec seuil à 15 % : la CARMF indemnise correctement l'arrêt de travail mais ne couvre que l'invalidité totale et définitive. Un généraliste qui ne peut plus consulter que deux jours par semaine ne touche rien de sa caisse. La fourchette relevée pour une couverture complète est de 200 à 280 €/mois. Le trou d'indemnisation, lui, est stable : CPAM puis CARMF versent 123,29 €/j à un médecin à 90 000 € de BNC, soit exactement la moitié de son revenu journalier — le détail est sur notre page prévoyance médecin libéral.

InvaliditéLe critère n° 1 : la CARMF ne couvre pas le partiel
50 %Part du revenu couverte à 90 000 € de BNC
200 à 280 €/moisFourchette relevée pour une couverture complète

Ce que vous achetez vraiment : la moitié manquante

Un médecin libéral à 90 000 € de BNC gagne 246,58 €/jour (90 000 ÷ 365). La CPAM lui verse 1/730e de son revenu du 4e au 90e jour, soit 123,29 €/j, puis la CARMF prend le relais du 91e au 1 095e jour, en classe B, sur la même base de 1/730e du revenu net N-2. La couverture est donc plate : 50 % du revenu, avant comme après le 91e jour. Il manque 123,29 €/j en continu, soit 45 000 € sur une année pleine d'arrêt. La chronologie détaillée figure sur la page prévoyance médecin libéral.

Cette régularité est une bonne nouvelle pour la franchise et une très mauvaise pour l'invalidité. Car là où l'arrêt de travail est couvert de manière homogène, l'invalidité ne l'est pas du tout tant qu'elle n'est pas totale et définitive : 23 662 €/an en classe A, 31 549 €/an en classe C, plus 8 788,52 €/an de rente par enfant. En dessous, zéro. Le capital décès CARMF s'élève à 71 500 € avant 75 ans, avec une rente conjoint de 8 557,20 à 17 114,40 €/an. La cotisation invalidité-décès obligatoire coûte de 626 à 1 010 €/an.

Les critères qui comptent pour un médecin libéral

Prévoyance médecin 2026 : les 7 critères classés selon la couverture réelle de la CARMF
RangCritèreCe qu'il faut exigerPourquoi pour un médecinSignal d'alerte
1Rente d'invaliditéBarème professionnel, seuil à 15 %, rente calibrée sur le revenu réelLa CARMF ne couvre que l'invalidité totale et définitive : tout le champ de l'invalidité partielle est à assurer« Invalidité totale et définitive » repris à l'identique dans le contrat complémentaire
2Formule de proratisationRente entière au-delà de 66 %, proratisation linéaire à partir du seuilUn praticien à 45 % d'invalidité professionnelle continue d'exercer partiellement : c'est la zone la plus fréquente et la plus mal rédigéePalier unique « 33 % puis 66 % » sans versement intermédiaire
3Exclusion psychiqueRachat des affections psychiques sans condition d'hospitalisation ni durée réduiteL'épuisement professionnel est un motif d'arrêt long courant dans la profession, et le premier que les contrats limitentIndemnisation psy plafonnée à 90 ou 180 jours
4Frais générauxPoste distinct des IJ, indexé sur les charges réelles du cabinetLoyer, secrétariat, logiciel métier, emprunt d'installation : les charges courent pendant tout l'arrêtGarantie « incluse dans les IJ »
5Montant d'IJComplément visant environ la moitié manquante du revenu journalierLa CPAM puis la CARMF couvrent 50 % : au-delà de 100 % de reconstitution, l'assureur refusera ou réduiraIJ souscrites sans vérification du cumul avec la caisse
6Durée et âge limite1 095 jours d'IJ, rente d'invalidité servie jusqu'à la retraiteLa CARMF réduit son taux d'IJ entre 62 et 69 ans puis après 70 ans : la fin de carrière est une zone de fragilitéRente d'invalidité s'arrêtant à 60 ans
7Capital et rentes décèsCapital calibré sur les emprunts, rente éducation par enfant jusqu'à la fin des étudesLa CARMF verse déjà 71 500 € de capital et une rente enfant de 10 078,48 €/an : le complément doit couvrir l'écart restantCapital surdimensionné vendu sans examen des rentes CARMF existantes

Chez un médecin, l'écart entre un bon et un mauvais contrat ne se joue pas sur l'indemnité journalière — la CARMF fait correctement son travail — mais sur les rangs 1 et 2.

Prix 2026 : ce que coûte une couverture complète

Fourchette relevée en 2026 pour un médecin libéral (profil de référence : généraliste de 40 ans, BNC d'environ 130 000 €)
NiveauCotisation mensuelleSur l'annéeContenu du profil de référence
Couverture complète, bas de fourchette200 €/mois2 400 €/anIJ 350 €/j dès le 30e jour, rente d'invalidité, capital décès 350 000 €
Couverture complète, haut de fourchette280 €/mois3 360 €/anMême architecture, options et rachats d'exclusion étendus
Pour mémoire : cotisation obligatoire52,17 à 84,17 €/mois626 à 1 010 €/anInvalidité-décès CARMF (434 € + 0,4 % du revenu plafonné à 3 PASS)

Fourchette indicative relevée publiquement en 2025-2026. Le profil de référence est un BNC d'environ 130 000 € : à 90 000 €, le curseur se situe plutôt dans le bas de la fourchette. Facteurs de variation : âge à la souscription, revenu assuré, franchise, spécialité et actes techniques, options, questionnaire médical.

Le chiffre clé

0 € : ce que verse la CARMF à un médecin reconnu invalide à 50 % pour son métier. La caisse n'indemnise que l'invalidité totale et définitive. Avec une rente complémentaire de 45 000 €/an en barème professionnel, ce même praticien percevrait 45 000 × 50 ÷ 66 = 34 090,91 €/an, soit 579 545,47 € s'il est indemnisé de 45 à 62 ans.

Trois erreurs fréquentes chez les médecins libéraux

  1. Croire que la CARMF couvre l'invalidité. Elle couvre l'invalidité totale et définitive, ce qui est un tout autre produit. Un praticien qui réduit son activité à deux jours par semaine à la suite d'une pathologie ne perçoit rien : ni IJ (il n'est pas en arrêt), ni pension (il n'est pas totalement invalide). C'est le scénario le plus fréquent et le moins couvert de la profession.
  2. Surinvestir dans les indemnités journalières. À 90 000 € de BNC, la CPAM puis la CARMF versent déjà 123,29 €/j, soit la moitié du revenu. Assurer 350 €/j sur ce profil expose à une réduction au sinistre pour surassurance. Le budget est plus utile sur la rente d'invalidité et les frais généraux.
  3. Oublier la fin de carrière. La CARMF réduit son taux d'indemnités journalières entre 62 et 69 ans, puis après 70 ans. Un contrat dont la rente d'invalidité s'arrête à 60 ans laisse la période la plus exposée sans couverture. Vérifiez l'âge limite de service des prestations, au-delà du seul âge limite de souscription.

Exemple : Claire arbitre entre tout miser sur les IJ ou partager avec l'invalidité

Claire, 42 ans, médecin généraliste installée, 90 000 € de BNC, soit 246,58 €/jour. Son budget est de 240 €/mois, au milieu de la fourchette. Deux répartitions lui sont proposées, franchise 30 jours dans les deux cas.

Claire : deux répartitions d'un même budget de 240 €/mois, testées sur deux sinistres
 Configuration A — tout sur les IJ (240 €/j, pas de rente d'invalidité)Configuration B — 120 €/j d'IJ + rente d'invalidité 45 000 €/an, barème professionnel, seuil 15 %
Sinistre 1 : arrêt de 180 jours150 jours × 240 = 36 000 €150 jours × 120 = 18 000 €
Sinistre 2 : invalidité professionnelle de 50 % à 45 ans0 €/an — et la CARMF ne verse rien non plus45 000 × 50 ÷ 66 = 34 090,91 €/an
Cumul du sinistre 2 jusqu'à 62 ans (17 ans)0 €34 090,91 × 17 = 579 545,47 €
Versé par la CPAM et la CARMF dans les deux cas123,29 €/j du 4e au 1 095e jour d'arrêt ; 0 € en invalidité non totale

Rente proratisée selon la formule usuelle des contrats TNS : entre le seuil et 66 %, rente × taux ÷ 66 ; au-delà de 66 %, rente entière. La formule exacte varie d'un contrat à l'autre : c'est la ligne à vérifier en priorité.

Conclusion de Claire : la configuration A gagne 18 000 € une fois, sur un arrêt long. La configuration B, à cotisation identique, couvre le seul risque que ni la CPAM ni la CARMF ne prennent en charge, pour un montant sans commune mesure. Elle choisit B, et cale son montant d'IJ sur la moitié manquante de son revenu plutôt que sur le maximum assurable.

Quand il ne faut pas renforcer sa prévoyance

Trois situations où le contrat le moins cher, voire le contrat existant, suffit.

  • Vous exercez en remplacement, sans structure ni emprunt. Pas de frais généraux à couvrir, pas de charges fixes : le besoin se limite à l'invalidité et au décès, pour une cotisation très en dessous de la fourchette de référence.
  • Vous êtes en classe C avec un patrimoine constitué. La CARMF verse alors 197,51 €/j d'IJ, 31 549 €/an en invalidité totale et 71 500 € de capital décès. Le complément utile porte sur l'invalidité partielle.
  • Vous avez souscrit jeune, sans exclusion. Ne rouvrez pas un questionnaire médical pour un gain tarifaire : un antécédent apparu depuis peut se transformer en exclusion définitive. Et ne changez jamais de contrat pendant un arrêt ou une expertise en cours.

Chiffrez d'abord votre écart avec le simulateur d'IJ pré-réglé pour les médecins, puis comparez des configurations de garanties selon la méthode générale — jamais des marques.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure prévoyance pour un médecin libéral ?

Nous ne publions pas de classement d'assureurs. Pour un médecin, le contrat pertinent est celui qui verse une rente d'invalidité en barème professionnel dès 15 % d'incapacité, parce que c'est exactement ce que la CARMF ne couvre pas : la caisse n'indemnise que l'invalidité totale et définitive, de 23 662 €/an en classe A à 31 549 €/an en classe C. Le montant d'indemnité journalière vient ensuite, puis les frais généraux du cabinet.

Combien coûte une prévoyance de médecin libéral ?

La fourchette relevée publiquement est de 200 à 280 €/mois pour un profil de référence de généraliste de 40 ans, environ 130 000 € de BNC, avec une couverture complète : indemnités journalières de 350 €/j dès le 30e jour, rente d'invalidité et capital décès de 350 000 €. À 90 000 € de BNC, le curseur se situe dans le bas de cette fourchette. S'y ajoute la cotisation CARMF invalidité-décès obligatoire de 626 à 1 010 €/an.

Faut-il passer par un courtier pour comparer une prévoyance de médecin ?

Ce n'est pas obligatoire. L'intérêt tient à l'accès aux conditions générales et à leur relecture : la clause qui décide du versement pour un praticien — barème professionnel, seuil, formule de proratisation entre le seuil et 66 % — n'est jamais visible sur un devis. Le courtier est rémunéré par commission de l'assureur et doit vous l'indiquer par écrit avant la souscription.

La CARMF couvre-t-elle l'invalidité partielle d'un médecin ?

Non. La CARMF ne verse une pension qu'en cas d'invalidité totale et définitive, entre 23 662 €/an (classe A) et 31 549 €/an (classe C), avec une rente enfant de 8 788,52 €/an. Un médecin qui conserve une capacité partielle d'exercice ne perçoit rien de sa caisse. C'est le premier motif de souscription d'un contrat complémentaire dans la profession.

Quelle franchise choisir quand on dépend de la CARMF ?

La question est moins critique que chez d'autres libéraux, parce que le raccord est continu : la CPAM verse 1/730e du revenu du 4e au 90e jour, puis la CARMF prend le relais du 91e au 1 095e jour, en classe B au même 1/730e du revenu net N-2. Le taux de couverture est donc d'environ 50 % avant comme après le 91e jour. Une franchise de 30 jours est un bon compromis ; une franchise de 90 jours n'apporte aucune économie de logique, seulement de prix.

Un médecin doit-il souscrire une garantie frais généraux ?

Oui dès que le cabinet supporte des charges fixes : loyer, secrétariat, logiciel métier, assurances professionnelles, emprunt d'installation. Les indemnités journalières remplacent votre revenu. Vos charges, elles, continuent de courir pendant tout l'arrêt. Un praticien exerçant en remplacement, sans structure, n'en a en revanche pas l'usage.

Votre contrat verse-t-il sur une invalidité partielle ?

C'est la seule question qui compte pour un médecin, et la réponse tient en deux lignes de vos conditions générales. Envoyez-nous vos propositions : nous vérifions le barème, le seuil et la formule de proratisation.

Courtier indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004449. Nous ne publions aucun classement d'assureurs : nous lisons vos conditions générales, ligne par ligne.

Comparatifs des professions voisines

La méthode reste la même ; ce sont le barème de la caisse et la hiérarchie des exclusions qui changent.