Rachat de trimestres ou versement PER : lequel rapporte le plus ?
C'est l'arbitrage d'un indépendant de 50 ans qui dispose de 20 000 € : racheter des trimestres, ou verser sur un PER ? Aucun outil, public ou privé, ne le chiffre. Le service officiel de l'Assurance retraite estime le coût d'un rachat, et sa page indique explicitement qu'il ne fournit ni gain de pension, ni analyse de rentabilité, ni délai de retour, ni économie d'impôt. Ce simulateur fait précisément cela, puis compare au même montant placé sur un plan d'épargne retraite.
Le rachat est déductible du revenu global sans plafond, là où le PER est limité — 88 911 € au maximum pour un travailleur non salarié au réel en 2026. C'est l'avantage fiscal décisif du rachat, et celui que l'outil officiel refuse de chiffrer.
Votre arbitrage, chiffré
Comment une pension de base se calcule
Toute la mécanique du rachat tient dans cette formule, et elle est publique.
pension = salaire annuel moyen × taux × (trimestres validés / 172)
Le taux part de 50 % et se minore de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres — d'où le plancher bien connu de 37,5 %. Le second terme, la proratisation, rapporte vos trimestres validés à la durée requise de 172 trimestres pour les générations 1965 et suivantes.
Un exemple pour fixer les idées. Avec un salaire annuel moyen de 38 000 € et une carrière complète, la pension de base atteint 19 000 € par an, soit 1 583 € par mois. Avec 12 trimestres manquants, le taux tombe à 42,50 % et la pension à environ 15 000 € — près de 4 000 € de moins chaque année, à vie.
Deux options, deux effets très différents
C'est la distinction que les articles sur le rachat traitent le plus vite, alors qu'elle change le résultat de plusieurs centaines d'euros par an.
| Option | Agit sur le taux | Agit sur la proratisation | Coût |
|---|---|---|---|
| Taux seul | Oui — réduit ou annule la décote | Non | Le moins cher |
| Taux et durée | Oui | Oui — le numérateur augmente | Le plus cher |
L'option « taux seul » suffit quand votre seul problème est la décote et que vous atteindrez de toute façon une durée d'assurance satisfaisante. L'option « taux et durée » s'impose quand les deux termes de la formule sont dégradés — le cas d'une carrière courte ou hachée, fréquent chez les indépendants installés tardivement. Le simulateur calcule les deux, ligne à ligne.
Ce que le barème 2026 dit, et ce qu'il ne dit pas
La circulaire CNAV du 5 février 2026 fixe le barème applicable aux demandes déposées en 2026. Le coût d'un trimestre y varie de 1 055 à 6 684 €, selon trois déterminants : votre âge à la date de la demande, votre revenu des douze derniers mois, et l'option retenue. Les tranches de revenu se calent sur le plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 de 48 060 €, avec des seuils à 36 045 € (75 % du plafond) et 48 060 €.
Nous ne recalculons pas ce coût, et c'est délibéré. La grille complète âge × revenu × option n'est pas publiée sous une forme exploitable, et certaines sources signalent que le barème de 2013 continue de s'appliquer faute d'arrêté nouveau. Afficher un montant calculé serait donner une fausse précision sur le chiffre le plus important du dossier. Demandez le montant à votre caisse — c'est gratuit et c'est le seul qui vous engage.
La déductibilité sans plafond, l'argument que l'officiel ne chiffre pas
Le versement pour la retraite se déduit intégralement de votre revenu global, sans plafond. C'est une différence majeure avec le PER, dont la déduction est limitée — 88 911 € au maximum pour un travailleur non salarié au réel en 2026, et 37 680 € pour un président de SASU. Sur un rachat de 20 000 € à 41 % de tranche marginale, l'économie d'impôt atteint 8 200 € : l'effort réel n'est plus que de 11 800 €.
Le service officiel de l'Assurance retraite estime le nombre de trimestres rachetables et leur coût. Sa page précise qu'il ne fournit ni simulation d'impact sur la pension, ni gain de montant, ni analyse de rentabilité ou de délai de retour, ni économie d'impôt, ni effet sur la complémentaire. Autrement dit : il vous donne le prix, et rien de ce qui permet de décider.
Trois avantages du rachat que le tableau ne montre pas
- La pension est viagère. Elle continue tant que vous vivez. Le capital d'un PER, lui, s'épuise — et vous ne savez pas quand vous vous arrêterez de vivre. Allongez la durée de versement retenue dans le simulateur et l'écart bascule mécaniquement en faveur du rachat.
- Elle est revalorisée. Les pensions sont réévaluées périodiquement, ce qui protège partiellement du renchérissement du coût de la vie. Un capital placé ne l'est que si son rendement suit.
- Elle ouvre une réversion. Une part de la pension revient au conjoint survivant sous conditions, ce qu'un PER ne fait pas de la même manière.
À l'inverse, deux avantages restent au PER : les sommes y sont disponibles en capital à la retraite, et elles sont transmissibles. Le rachat, lui, est définitif et sans valeur de rachat.
Contre-discours : quand ni l'un ni l'autre n'est la bonne réponse
Si votre tranche marginale est à 11 % ou à 0 %, la déduction rapporte peu et les deux dispositifs perdent leur intérêt principal. Le rachat coûte alors presque son prix nominal, pour un gain de pension qui met très longtemps à l'amortir.
Si vous êtes à plus de quinze ans de la retraite, le rachat est prématuré. Votre carrière peut encore combler les trimestres manquants sans un euro, et vous auriez immobilisé une trésorerie utile ailleurs. Les rachats se décident généralement dans les dix dernières années.
Enfin, si votre couverture prévoyance est incomplète, la question ne se pose pas. Un rachat ne verse rien si vous vous arrêtez de travailler demain, et il immobilise définitivement une somme que vous pourriez avoir à mobiliser. L'ordre qui protège : se couvrir d'abord, optimiser ensuite — c'est le même raisonnement que sur le PER.
Questions fréquentes
Combien coûte le rachat d'un trimestre en 2026 ?
De 1 055 à 6 684 € par trimestre, selon votre âge à la date de la demande, votre revenu des douze derniers mois et l'option retenue (taux seul, ou taux et durée). Les tranches de revenu se calent sur le plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 de 48 060 €, avec des seuils à 36 045 € et 48 060 €. Demandez le montant exact à votre caisse : la grille complète n'est pas publiée sous une forme exploitable.
Le rachat de trimestres est-il déductible des impôts ?
Oui, et intégralement, sans plafond, du revenu net global — c'est sa différence majeure avec le PER, dont la déduction est limitée à 88 911 € pour un travailleur non salarié au réel en 2026. Sur un rachat de 20 000 € à 41 % de tranche marginale, l'économie d'impôt atteint 8 200 €.
Rachat de trimestres ou PER : lequel choisir ?
Cela dépend de trois variables : votre écart de tranche marginale entre aujourd'hui et la retraite, votre horizon, et la durée pendant laquelle vous percevrez la pension. Le rachat produit une rente viagère et revalorisée ; le PER un capital épuisable mais disponible et transmissible. Plus votre espérance de versement est longue, plus le rachat gagne. Le simulateur ci-dessus chiffre les deux sur vos propres montants.
Combien de trimestres peut-on racheter ?
12 au maximum, toutes options confondues, au titre des années d'études supérieures ou des années incomplètes. Racheter plus de trimestres qu'il vous en manque n'a pas d'intérêt : au-delà du taux plein, la décote est déjà annulée et le rachat cesse d'agir sur le taux.
Quelle différence entre l'option taux seul et taux et durée ?
L'option taux seul réduit ou annule la décote, sans augmenter la durée d'assurance retenue au calcul : elle agit sur un seul terme de la formule. L'option taux et durée agit sur les deux — elle relève le taux et le coefficient de proratisation. Elle coûte plus cher, et c'est la seule pertinente quand votre carrière est courte ou hachée.
Au bout de combien de temps un rachat est-il rentabilisé ?
Cela se calcule : effort net après déduction fiscale, divisé par le gain net de pension annuel. Selon la tranche marginale et l'option, l'amortissement se situe le plus souvent entre 6 et 12 ans de retraite. Au-delà, chaque année est un gain net — et la pension étant viagère, l'opération devient d'autant plus favorable que vous vivez longtemps. Le simulateur le chiffre sur votre situation.
Les relevés de carrière comportent souvent des erreurs
Avant d'acheter des trimestres, il faut vérifier ceux qui vous manquent réellement. Nous reprenons votre relevé, arbitrons entre les deux options, le PER et votre couverture prévoyance — dans le même rendez-vous.
Faire le point sur ma retraite PER ou Madelin : l'autre arbitragePour aller plus loin
- Simulateur PER — plafond, impôt de sortie et gain net réel
- PER ou Madelin retraite — faut-il transférer votre contrat ?
- Cumul emploi-retraite — continuer d'exercer après la liquidation
- Loi Madelin — l'enveloppe de déduction des indépendants
- Prévoyance TNS — se couvrir avant d'optimiser
Sources
- CNAV — Circulaire 2026-04 du 5 février 2026 : barème du versement pour la retraite — consulté en août 2026.
- MoneyVox — Le prix d'un rachat de trimestre en 2026 — consulté en août 2026.
- Meilleurtaux Placement — Le barème 2013 reste valable en 2026 — consulté en août 2026.
- MaBonneRetraite — Formule de calcul de la retraite 2026 — consulté en août 2026.
La formule de pension, la durée requise de 172 trimestres et la décote de 1,25 % par trimestre manquant sont concordantes sur plusieurs sources, et le plancher de 37,5 % que produit le calcul en confirme la cohérence. Le barème du rachat est en revanche donné en fourchette seulement : le PDF de la circulaire n'a pas pu être extrait, et la grille complète doit être obtenue de votre caisse. Le rendement du PER n'est pas garanti : la valeur par défaut est la revalorisation moyenne des fonds en euros 2025 relevée par l'ACPR. Voir notre méthodologie.