Fiscalité Madelin

PER ou Madelin retraite : faut-il transférer votre contrat ?

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 5 octobre 2026

Le Madelin retraite n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020 : la vraie question n'est donc plus de choisir à la souscription, mais de savoir s'il faut transférer le contrat que vous détenez déjà. Et la réponse dépend surtout des garanties de votre contrat. L'argument souvent avancé depuis 2026 — des prélèvements sociaux de 18,6 % sur le PER contre 10,1 % sur la rente Madelin — compare deux assiettes différentes : sur une rente de PER, les 18,6 % ne portent que sur une fraction de la rente fixée selon l'âge au premier versement (40 % entre 60 et 69 ans), soit environ 7,4 % du montant, quand la rente Madelin, imposée comme une pension, supporte environ 10,1 % sur sa totalité. Sur ce poste, le transfert ne fait donc rien perdre à l'âge habituel de liquidation.

Besoin d’une réponse rapide ? Un courtier chiffre vos options et compare les contrats. Gratuit, sans engagement.

Faire chiffrer ma retraite Ou calculer mon plafond →
Le chiffre clé

Pour 80 000 € d'encours à 52 ans, soit environ 109 000 € à 64 ans (rendement de 2,63 % par an) et une rente d'environ 4 590 €/an (taux de conversion de 4,2 %, hypothèse), les prélèvements sociaux atteignent environ 463 €/an sur une rente Madelin (10,1 % de la totalité) et environ 341 €/an sur une rente de PER (18,6 % sur 40 % de la rente, soit 7,44 %). L'écart, 122 €/an, joue en faveur du PER : c'est le taux technique et la table de mortalité de votre contrat qui peuvent justifier de le conserver.

L'impôt sur le revenu étant calculé de la même façon des deux côtés (la rente est imposée comme une pension, après abattement de 10 %), la rente nette suit : à une tranche marginale de 30 %, environ 2 886 €/an pour le Madelin conservé contre 3 008 €/an après transfert, à taux de conversion identique. L'avantage reste mince. Il suffit que votre contrat garantisse un taux de conversion supérieur de 3 à 5 % à celui d'un PER, selon votre tranche d'imposition, pour l'annuler ; des frais de transfert de 5 % l'effacent presque entièrement (2 898 €/an dans cet exemple) ; et la part déductible de la CSG, que ce calcul ne modélise pas, le réduit encore. Le simulateur ci-dessous refait le calcul avec vos chiffres.

Votre arbitrage, chiffré

Au-delà de dix ans de détention, les frais de transfert d'un ancien contrat vers un PER sont nuls (règles issues de la loi Pacte).

Figure aux conditions particulières, rarement dans la plaquette commerciale.

Par défaut : 2,63 %, revalorisation moyenne des fonds en euros 2025 relevée par l'ACPR. Le même rendement est appliqué aux deux contrats, pour isoler l'écart fiscal.

Ce que le transfert fait perdre, et ce qu'il fait gagner

Les présentations commerciales du transfert détaillent volontiers ce que le PER apporte et beaucoup moins ce que l'ancien contrat garantit. Voici les deux colonnes.

Ce que change un transfert de Madelin retraite vers un PER
Ce que vous perdez Ce que vous gagnez
Rien sur les prélèvements sociaux d'une rente : environ 7,4 % sur une rente de PER liquidée entre 60 et 69 ans (18,6 % sur la fraction de 40 %), contre environ 10,1 % sur toute la rente Madelin — seuls les gains d'une sortie en capital supportent 18,6 % La sortie en capital, totale ou fractionnée — impossible sur un Madelin
Le taux technique garanti, quand le contrat en comporte un Le choix de l'établissement, des supports et du niveau de frais
La table de mortalité de souscription, souvent plus favorable que les tables actuelles : à capital égal, elle produit une rente supérieure L'achat de la résidence principale, l'un des huit cas de déblocage anticipé du PER — un cas que le Madelin ne prévoit pas

La colonne de gauche a une particularité : rien n'y est rachetable. Une fois le transfert opéré, un taux technique garanti et une table de mortalité ancienne ne se retrouvent pas. La colonne de droite, elle, ne contient que des options — utiles si vous en avez besoin, sans valeur si vous n'en avez pas l'usage.

Étape suivante

Faire vérifier votre optimisation Madelin et PER

Reste à choisir comment utiliser ce plafond : prévoyance, santé, retraite ou rachat de trimestres. Un courtier chiffre l’économie d’impôt de chaque option avant que vous ne décidiez.

  • Plusieurs contrats comparés : frais sur versements et de gestion, supports, options de sortie — l’écart pèse lourd sur vingt ans.
  • Le bon arbitrage fiscal : Madelin, PER ou rachat de trimestres, chiffrés sur votre tranche d’imposition.
  • 0 € de frais de courtage : nous sommes rémunérés par l’assureur retenu, jamais par vous.

Sans engagement · Recommandation écrite · Rappel sous 24 h ouvrées

Conserver ou transférer : la règle de décision

Conservez si vous êtes proche de la retraite, que votre contrat garantit un taux technique et une table de mortalité, et que vous comptez sortir en rente. Vous détenez alors un produit qui ne se rachète plus sur le marché.

Transférez si vous êtes jeune, que votre contrat ne garantit ni taux ni table, et que vous voulez pouvoir sortir en capital — pour acheter votre résidence principale, par exemple. Vous n'abandonnez alors aucun avantage sur les prélèvements sociaux : sur une rente, l'écart joue plutôt en faveur du PER.

Entre ces deux cas, tout dépend du taux technique. C'est la variable que le simulateur vous demande, et celle qu'aucun comparateur ne vous demande jamais.

Les frais de transfert : le seuil des dix ans

Pour un ancien contrat (Madelin, PERP) transféré vers un PER, les frais de transfert sont plafonnés à 5 % de l'encours et deviennent nuls lorsque le contrat a plus de dix ans, selon les règles issues de la loi Pacte — vérifiez le montant exact auprès de l'assureur de départ. Entre deux PER, le transfert est gratuit après 5 ans de détention et plafonné à 1 % avant (service-public.fr).

La conséquence est simple : un contrat de huit ans que vous voulez transférer vous coûtera jusqu'à 5 % de son encours, quand attendre deux ans le rendra gratuit. Sur 60 000 €, cela représente 3 000 € — largement de quoi justifier la patience, sauf urgence caractérisée.

Quand ni l'un ni l'autre n'est la bonne réponse

Une remarque qui n'a rien à voir avec l'arbitrage lui-même, et qui compte davantage. Un TNS qui hésite entre PER et Madelin alors qu'il n'a aucune couverture d'arrêt de travail optimise dans le mauvais ordre. Ni le PER ni le Madelin ne verse quoi que ce soit si vous vous arrêtez demain — et vos versements cessent au moment précis où votre revenu s'effondre.

L'ordre qui protège est toujours le même : d'abord les indemnités journalières et l'invalidité, ensuite l'épargne retraite. Vérifiez ce que verse votre caisse avant d'arbitrer entre deux enveloppes d'épargne.

Second cas : une tranche marginale d'imposition à 11 % ou à 0 %. La déduction rapporte alors 11 centimes par euro versé, pour une épargne bloquée jusqu'à la retraite. L'assurance-vie offre la même capitalisation sans le blocage — le simulateur PER chiffre cet arbitrage.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le Madelin et le PER ?

Trois différences décident. La sortie : le Madelin impose la rente viagère, le PER autorise le capital. Les prélèvements sociaux : environ 10,1 % sur la totalité de la rente Madelin ; sur un PER, 18,6 % depuis 2026, mais seulement sur les gains d'une sortie en capital ou sur une fraction de la rente (40 % entre 60 et 69 ans), soit environ 7,4 % d'une rente. Les garanties : de nombreux contrats Madelin comportent un taux technique et une table de mortalité garantis, que le PER ne propose plus. Le Madelin n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais les contrats existants continuent de recevoir des versements.

Est-il possible de cumuler un PER et un Madelin ?

Oui. Vous pouvez conserver votre Madelin, continuer d'y verser, et ouvrir un PER en parallèle. Les deux se partagent en revanche la même enveloppe de déduction au titre de l'épargne retraite : jusqu'à 88 911 € en 2026 pour un travailleur non salarié au réel. Ce cumul est fréquemment le meilleur arbitrage — on garde les garanties de l'ancien contrat (taux technique, table de mortalité), et on se donne la souplesse du capital sur le nouveau.

Qu'est-ce qu'un taux technique garanti et comment le connaître ?

C'est un rendement minimum que l'assureur s'engage à servir, souvent assorti d'une table de mortalité de souscription qui fixe le taux de conversion du capital en rente. Sur un contrat ancien, cette table peut produire une rente sensiblement supérieure aux conditions du marché actuel. L'information figure à vos conditions particulières ; la plaquette commerciale ne la mentionne pas. Réclamez-la par écrit à votre assureur avant toute décision.

Vous ne trouvez pas votre réponse ? Un courtier vous rappelle et répond à votre question, gratuitement et sans engagement.

Être rappelé par un courtier

Un transfert ne se décide pas sur une plaquette

Décrivez votre situation en deux minutes : un courtier chiffre vos options et compare les contrats selon votre tranche d’imposition. Vous pouvez aussi faire d’abord le calcul.

Faire analyser mon contrat Madelin Calculer mon plafond PER
  • Étude gratuite et sans engagement
  • Courtier ORIAS n° 26004449
  • Réponse sous 24 h ouvrées

Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il rédige et vérifie l’ensemble des contenus de ce site. Il conseille les indépendants et les dirigeants sur leur prévoyance, leur mutuelle et leur assurance de prêt, à partir des barèmes des treize caisses obligatoires.

Sources

Le taux de 18,6 % et son assiette (gains d'une sortie en capital, fraction de la rente fixée selon l'âge) sont décrits par service-public.fr ; la rente Madelin, imposée comme une pension, n'est pas concernée par cette hausse. Le taux de conversion du capital en rente employé par le simulateur est une hypothèse assumée, aucune table de mortalité homologuée n'étant publiquement exploitable : votre assureur seul peut vous donner le vôtre. Voir notre méthodologie.