PER ou Madelin retraite : faut-il transférer votre contrat ?
Le Madelin retraite n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020 : la vraie question n'est donc plus de choisir à la souscription, mais de savoir s'il faut transférer le contrat que vous détenez déjà. Et la réponse est souvent non. Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les sorties de PER sont passés à 18,6 %, tandis que la rente Madelin reste à 10,1 % — les anciens contrats sont expressément exclus de la hausse. Transférer, c'est renoncer à 8,5 points de prélèvements sociaux, chaque année, à vie.
Sur un contrat de 80 000 € porté à 64 ans, l'écart de prélèvements sociaux représente 390 € de rente nette par an, soit 7 800 € sur vingt ans de retraite. Le simulateur ci-dessous le chiffre sur votre contrat.
Votre arbitrage, chiffré
Trois choses se perdent au transfert, et une seule se gagne
Les contenus en ligne sur le transfert Madelin sont écrits par des acteurs qui vendent des PER. Ils énumèrent correctement ce que le PER apporte, et taisent presque systématiquement ce que l'ancien contrat vous garantit. Voici les deux colonnes.
| Ce que vous perdez | Ce que vous gagnez |
|---|---|
| 8,5 points de prélèvements sociaux sur la rente : 10,1 % deviennent 18,6 % | La sortie en capital, totale ou fractionnée — impossible sur un Madelin |
| Le taux technique garanti, quand le contrat en comporte un | Le choix de l'établissement, des supports et du niveau de frais |
| La table de mortalité de souscription, souvent plus favorable que les tables actuelles : à capital égal, elle produit une rente supérieure | Les huit cas de déblocage anticipé du PER, dont l'acquisition de la résidence principale |
La colonne de gauche a une particularité : rien n'y est rachetable. Une fois le transfert opéré, un taux technique garanti ne se retrouve pas, et le taux de prélèvements sociaux de l'ancien produit non plus. La colonne de droite, elle, ne contient que des options — utiles si vous en avez besoin, sans valeur si vous n'en avez pas l'usage.
La règle de décision, en deux lignes
Conservez si vous êtes proche de la retraite, que votre contrat garantit un taux technique et une table de mortalité, et que vous comptez sortir en rente. Vous détenez alors un produit qui ne se rachète plus sur le marché.
Transférez si vous êtes jeune, que votre contrat ne garantit ni taux ni table, et que vous voulez pouvoir sortir en capital — pour acheter votre résidence principale, par exemple. Vous n'abandonnez alors qu'un avantage fiscal sur une rente que vous ne prendrez pas.
Entre ces deux cas, tout se joue sur le taux technique. C'est la variable que le simulateur vous demande, et celle qu'aucun comparateur ne vous demande jamais.
Les frais de transfert : le seuil des dix ans
Les frais de transfert d'un contrat d'épargne retraite sont plafonnés à 5 % de l'encours, et deviennent nuls dès que le contrat a plus de dix ans. C'est une règle légale, opposable à votre assureur.
La conséquence est simple : un contrat de huit ans que vous voulez transférer vous coûtera jusqu'à 5 % de son encours, quand attendre deux ans le rendra gratuit. Sur 60 000 €, cela représente 3 000 € — largement de quoi justifier la patience, sauf urgence caractérisée.
Contre-discours : quand ni l'un ni l'autre n'est la bonne réponse
Une remarque qui n'a rien à voir avec l'arbitrage lui-même, et qui compte davantage. Un TNS qui hésite entre PER et Madelin alors qu'il n'a aucune couverture d'arrêt de travail optimise dans le mauvais ordre. Ni le PER ni le Madelin ne verse quoi que ce soit si vous vous arrêtez demain — et vos versements cessent au moment précis où votre revenu s'effondre.
L'ordre qui protège est toujours le même : d'abord les indemnités journalières et l'invalidité, ensuite l'épargne retraite. Vérifiez ce que verse votre caisse avant d'arbitrer entre deux enveloppes d'épargne.
Second cas : une tranche marginale d'imposition à 11 % ou à 0 %. La déduction rapporte alors 11 centimes par euro versé, pour une épargne bloquée jusqu'à la retraite. L'assurance-vie offre la même capitalisation sans le blocage — le simulateur PER chiffre cet arbitrage.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le Madelin et le PER ?
Trois différences décident. La sortie : le Madelin impose la rente viagère, le PER autorise le capital. Les prélèvements sociaux : 10,1 % sur la rente Madelin, contre 18,6 % sur toute sortie de PER depuis le 1er janvier 2026. Les garanties : de nombreux contrats Madelin comportent un taux technique et une table de mortalité garantis, que le PER ne propose plus. Le Madelin n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais les contrats existants continuent de recevoir des versements.
Est-il possible de cumuler un PER et un Madelin ?
Oui. Vous pouvez conserver votre Madelin, continuer d'y verser, et ouvrir un PER en parallèle. Les deux se partagent en revanche la même enveloppe de déduction au titre de l'épargne retraite : jusqu'à 88 911 € en 2026 pour un travailleur non salarié au réel. Ce cumul est fréquemment le meilleur arbitrage — on garde l'avantage fiscal de sortie de l'ancien contrat, et on se donne la souplesse du capital sur le nouveau.
Combien coûte un transfert de Madelin vers un PER ?
Les frais sont plafonnés à 5 % de l'encours et deviennent nuls après dix ans de détention. Sur un contrat de 60 000 € détenu depuis huit ans, le transfert peut donc coûter jusqu'à 3 000 €, contre zéro deux ans plus tard.
La hausse des prélèvements sociaux de 2026 touche-t-elle mon Madelin ?
Non. La loi de finances 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les sorties de PER de 17,2 % à 18,6 %, mais les anciens produits en sont expressément exclus : Madelin, PERP et article 83 restent à leur régime antérieur. C'est précisément ce qui rend le transfert moins attractif qu'avant 2026.
Qu'est-ce qu'un taux technique garanti et comment le connaître ?
C'est un rendement minimum que l'assureur s'engage à servir, souvent assorti d'une table de mortalité de souscription qui fixe le taux de conversion du capital en rente. Sur un contrat ancien, cette table peut produire une rente 10 à 20 % supérieure aux conditions du marché actuel. L'information figure à vos conditions particulières ; la plaquette commerciale ne la mentionne pas. Réclamez-la par écrit à votre assureur avant toute décision.
Quels sont les inconvénients de la loi Madelin retraite ?
Deux, principalement. L'obligation de sortie en rente viagère, sans possibilité de capital — ce qui pénalise qui souhaite disposer de son épargne. Et l'obligation de versements réguliers avec un minimum annuel, là où le PER laisse verser librement. À cela s'ajoute, sur les contrats anciens, un choix de supports parfois étroit et des frais que le marché a depuis largement révisés à la baisse.
Un transfert ne se décide pas sur une plaquette
Envoyez-nous vos conditions particulières : nous y lisons le taux technique, la table de mortalité et les frais sur versements, puis nous vous disons ce que le transfert vous coûterait réellement.
Faire analyser mon contrat Madelin Calculer mon plafond PERPour aller plus loin
- Rachat de trimestres ou versement PER — l’autre arbitrage retraite
- Simulateur PER 2026 — plafond, impôt de sortie et gain net réel
- Loi Madelin : le guide — prévoyance, santé et retraite
- Plafond Madelin 2026 — la formule de calcul, au centime
- Faut-il opter pour le Madelin ? — le contre-discours
- Simulateur d'indemnités journalières — se couvrir avant de défiscaliser
Sources
- Légifrance — Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 — consulté en août 2026.
- Previssima — Fiscalité du contrat Madelin retraite : prélèvements sociaux de 10,1 % sur la rente — consulté en août 2026.
- La finance pour tous — La fiscalité de la rente viagère — consulté en août 2026.
- Meilleurtaux Placement — Transfert d'un contrat retraite vers un PER : frais et conditions — consulté en août 2026.
- Linxea — Conserver son PERP ou son Madelin, ou basculer vers un PER — consulté en août 2026.
Le taux de 18,6 % et son exclusion des anciens produits sont confirmés par deux sources indépendantes. Le taux de conversion du capital en rente employé par le simulateur est une hypothèse assumée, aucune table de mortalité homologuée n'étant publiquement exploitable : votre assureur seul peut vous donner le vôtre. Voir notre méthodologie.