Comparatif prévoyance architecte : comment choisir en 2026

Pour un architecte affilié à la CIPAV, le critère n° 1 est la durée d'indemnisation : la caisse ne verse aucune indemnité journalière après le 90e jour, et votre contrat devient alors le seul payeur. À 45 000 € de revenu, cela représente 123,29 €/j à remplacer intégralement, sans limite de temps autre que celle inscrite dans vos conditions générales. La fourchette de marché pour un profil libéral de bureau se situe entre 50 et 100 €/mois. Le calcul complet du trou figure sur notre page prévoyance architecte.

1 095 joursLa durée à exiger : la CIPAV s'arrête à J90
123,29 €/jLe manque intégral à 45 000 €, dès J91
50 à 100 €/moisFourchette 2026 pour un profil libéral de bureau

Ce que vous achetez vraiment : tout, à partir du 91e jour

Un architecte à 45 000 € de revenu gagne 123,29 €/jour. La CPAM verse 1/730e du revenu moyen des trois dernières années du 4e au 90e jour, soit 61,64 €/j — la moitié. Puis la CIPAV ne verse rien : aucune indemnité journalière propre, jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité d'au moins deux tiers. Le manque passe de 61,64 €/j à 123,29 €/j, soit l'intégralité du revenu. La chronologie détaillée est sur notre page prévoyance architecte ; ici, nous traitons du choix du contrat.

Deux repères pour le budget : la cotisation invalidité-décès CIPAV représente 0,50 % du revenu, soit 225 €/an à 45 000 €, et la pension d'invalidité de la caisse combine 2 403 €/an de part forfaitaire et une part proportionnelle en points — l'exemple officiel donne 10 120,94 €/an (843,41 €/mois) pour un revenu de 20 000 €. Autrement dit, la caisse coûte peu et protège peu : tout le poids repose sur le contrat complémentaire.

Les critères qui comptent pour un architecte

Prévoyance architecte 2026 : les 7 critères classés selon le régime CIPAV et le mode de facturation
RangCritèreCe qu'il faut exigerPourquoi pour un architecteSignal d'alerte
1Durée d'indemnisation1 095 jours, reprise partielle indemnisée au prorataAucun autre payeur après le 90e jour : une durée de 365 jours vous laisse sans revenu à partir du 13e mois« Durée maximale d'indemnisation : 365 jours »
2Forfaitaire ou indemnitaireForfaitaire, avec montant garanti sans justification de perteHonoraires au projet : un chantier décalé fait plonger un exercice, donc le revenu de référence d'un contrat indemnitaire« Dans la limite de la perte réelle, appréciée sur le dernier exercice clos »
3Rente d'invaliditéBarème professionnel, seuil à 15 %, rente servie jusqu'à la retraiteLa CIPAV exige deux tiers d'incapacité : toute la zone intermédiaire est à votre chargeSeuil à 33 % ou barème fonctionnel seul
4Montant d'IJCalibré pour remplacer 100 % du revenu journalier à partir du 91e jourÀ la CIPAV, il n'y a rien à compléter après J90 : il y a tout à remplacerIJ dimensionnée comme un simple complément de caisse
5Franchise30 jours si votre trésorerie est courte, 90 jours si vous avez trois mois d'avanceLa CPAM couvre la moitié du revenu jusqu'à J90 : c'est la seule période partiellement protégéeFranchise unique de 90 jours vendue comme un standard libéral
6Déplacements de chantierGarantie accident sans restriction sur les visites de chantier ni les trajets professionnelsLes déplacements et l'accès aux chantiers sont le premier facteur d'accident du métierExclusion des accidents survenus « sur un site de construction »
7Exclusion psychiqueRachat sans condition d'hospitalisation ni durée réduiteResponsabilité au projet, litiges, exercice souvent isolé : l'arrêt psychique long est un risque réelIndemnisation psy plafonnée à 90 ou 180 jours

La durée passe devant le montant et devant la franchise. C'est la conséquence directe d'un régime obligatoire qui cesse de verser au 91e jour.

Prix 2026 : ce que coûte chaque niveau de couverture

Fourchettes relevées en 2026 pour un profil libéral de bureau de 30 à 40 ans assurant 2 500 à 5 000 €/mois
NiveauCotisation mensuelleSur l'annéeCe que ce niveau achète
Formule d'appel26 à 40 €/mois312 à 480 €/anDurée souvent limitée à 365 jours, clause indemnitaire, exclusions maintenues
Standard, bas de fourchette50 €/mois600 €/anIJ moyennes, franchise moyenne, invalidité en barème fonctionnel
Standard, haut de fourchette100 €/mois1 200 €/anDurée 1 095 jours, clause forfaitaire, barème professionnel
Pour mémoire : cotisation obligatoire18,75 €/mois225 €/anInvalidité-décès CIPAV (0,50 % de 45 000 €) — aucune IJ propre

Exemple tarifaire relevé sur le marché pour un profil comparable : une consultante de 46 ans assurant 3 333 €/mois paie de 56 à 76 €/mois selon l'assureur. Facteurs de variation : âge, revenu assuré, franchise, durée retenue, clause forfaitaire ou indemnitaire, questionnaire médical.

Le chiffre clé

335 jours à zéro euro : c'est ce que produit une durée d'indemnisation de 365 jours sur un arrêt de 700 jours, puisque la CIPAV ne verse rien après le 90e jour. À 60 €/j d'indemnité souscrite, l'écart entre une durée de 365 et de 1 095 jours atteint 20 100 € sur ce seul sinistre — pour quelques euros de cotisation mensuelle.

Trois erreurs fréquentes chez les architectes

  1. Acheter du montant plutôt que de la durée. Une indemnité journalière élevée sur 365 jours paraît rassurante ; elle laisse pourtant l'assuré à zéro euro à partir du 13e mois, alors que la CIPAV ne verse rien depuis le 91e jour. Sur un arrêt long, la durée rapporte davantage que le montant, et elle coûte moins cher.
  2. Signer un contrat indemnitaire en facturant au projet. L'assureur reconstitue la perte à partir d'un exercice de référence. Un architecte dont un chantier a glissé d'une année sur l'autre peut voir son revenu de référence divisé par deux, et son indemnisation avec.
  3. Croire que la CIPAV assure le relais. Elle ne verse aucune indemnité journalière propre. Ses 225 €/an de cotisation à 45 000 € de revenu n'achètent qu'une pension d'invalidité conditionnée à deux tiers d'incapacité, et un capital décès dont l'exemple officiel de la caisse s'établit à 30 362,82 € pour un revenu de 20 000 €.

Exemple : Antoine arbitre entre forfaitaire et indemnitaire

Antoine, 40 ans, architecte en libéral. Ses revenus sont typiques du métier : 62 000 € en 2024, 28 000 € en 2025 (deux livraisons décalées) et 45 000 € en 2026, soit une moyenne de 45 000 € sur trois ans — la base de calcul des indemnités journalières de la CPAM, qui lui verse donc 61,64 €/j du 4e au 90e jour. Un accident l'immobilise 200 jours en 2026. Il compare deux contrats à franchise 30 jours.

Antoine : contrat indemnitaire contre contrat forfaitaire, sur un arrêt de 200 jours
 Configuration A — indemnitaire, « jusqu'à 100 €/j »Configuration B — forfaitaire, 100 €/j garantis
Revenu de référence retenuDernier exercice clos : 28 000 € → 76,71 €/jMontant souscrit, sans justification
Déduction des IJ CPAM (61,64 €/j)76,71 − 61,64 = 15,07 €/j versésAucune déduction : 100 €/j versés
Jours indemnisés (J31 à J200)170 jours170 jours
Versé par le contrat170 × 15,07 = 2 561,90 €170 × 100 = 17 000 €
Versé par la CIPAV à partir du 91e jour0 € dans les deux cas

Illustration de la mécanique indemnitaire : la référence de calcul (dernier exercice clos, moyenne sur trois ans, etc.) varie selon les contrats et doit être lue dans les conditions générales. Les IJ CPAM cessent au 90e jour dans les deux configurations.

Conclusion d'Antoine : l'écart est de 14 438,10 € sur un seul arrêt, à montant affiché identique. « Jusqu'à 100 €/j » et « 100 €/j » sont deux produits différents, et seul le second correspond à un métier facturé au projet. Antoine retient la configuration B, et exige en plus une durée de 1 095 jours — le paramètre qui, à la CIPAV, conditionne tout le reste.

Quand une couverture minimale suffit

  • Vous êtes salarié d'une agence en plus de votre activité libérale. Le revenu salarié amortit l'arrêt : le besoin porte alors sur l'invalidité et le décès.
  • Votre foyer dispose d'un second revenu stable et vos charges fixes sont faibles. Un contrat d'entrée de gamme correctement rédigé — durée 1 095 jours, clause forfaitaire — vaut mieux qu'une formule complète mal calibrée.
  • Vous avez souscrit jeune, sans exclusion, à tarif figé. Ne relancez pas un questionnaire médical pour quelques euros : un antécédent apparu depuis peut devenir une exclusion définitive.
  • Vous êtes en arrêt ou en cours d'expertise. Le nouvel assureur exclura la pathologie en cours : on ne change pas de contrat à ce moment-là.

Chiffrez d'abord votre écart avec le simulateur d'IJ pré-réglé pour les architectes, puis appliquez la méthode de comparaison en 10 critères. Et n'arbitrez pas mutuelle contre prévoyance sans avoir lu mutuelle ou prévoyance.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure prévoyance pour un architecte ?

Nous ne publions aucun classement d'assureurs. Pour un architecte affilié à la CIPAV, le contrat pertinent est celui qui indemnise jusqu'au 1 095e jour, avec une rente d'invalidité en barème professionnel déclenchée dès 15 %, et une indemnité journalière calibrée pour remplacer la totalité du revenu à partir du 91e jour. Aucune autre profession de cette série n'a un besoin de durée aussi marqué, parce qu'aucune autre caisse ne s'arrête aussi tôt.

Combien coûte une prévoyance d'architecte ?

La fourchette relevée pour un profil libéral de bureau de 30 à 40 ans assurant 2 500 à 5 000 €/mois est de 50 à 100 €/mois, avec des formules d'appel annoncées dès 26 à 40 €/mois. À titre de repère relevé sur le marché, une consultante de 46 ans assurant 3 333 €/mois paie de 56 à 76 €/mois selon l'assureur. La cotisation CIPAV invalidité-décès obligatoire représente 0,50 % du revenu, soit 225 €/an à 45 000 €.

Faut-il passer par un courtier pour comparer une prévoyance d'architecte ?

Ce n'est pas obligatoire, mais la clause décisive — la durée maximale d'indemnisation — figure dans les conditions générales et rarement sur le devis. La méthode utile consiste à figer la configuration voulue, notamment 1 095 jours de durée, puis à demander le prix de cette configuration à chaque assureur. Le courtier est rémunéré par commission et doit vous l'indiquer par écrit avant la souscription.

La CIPAV verse-t-elle des indemnités journalières aux architectes ?

Non. La CIPAV ne verse aucune indemnité journalière propre. Vous êtes couvert par le socle commun des professions libérales versé par la CPAM du 4e au 90e jour — 61,64 €/j pour un revenu de 45 000 € — puis plus rien jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité d'au moins deux tiers. C'est le trou de couverture le plus long de toutes les caisses françaises.

Faut-il un contrat forfaitaire quand on facture au projet ?

Oui, dans la très grande majorité des cas. En contrat indemnitaire, l'assureur reconstitue votre perte à partir d'un exercice de référence : un architecte dont un chantier a glissé d'une année sur l'autre peut se voir opposer un revenu de référence très inférieur à son activité réelle. Le contrat forfaitaire verse le montant souscrit, sans discussion sur l'exercice de référence.

Que verse la CIPAV en invalidité et en décès ?

La pension d'invalidité combine une part forfaitaire de 2 403 €/an et une part proportionnelle en points ; l'exemple officiel de la caisse donne 10 120,94 €/an, soit 843,41 €/mois, pour un revenu de 20 000 €, sous condition d'une capacité réduite d'au moins deux tiers. Le capital décès combine 7 209 € forfaitaires et une part en points : l'exemple officiel aboutit à 30 362,82 € pour un revenu de 20 000 €, avec une rente conjoint de 3 036,28 €/an.

Quelle est la durée maximale d'indemnisation de votre contrat ?

À la CIPAV, cette seule ligne décide de tout au-delà du 12e mois. Envoyez-nous vos propositions : nous vérifions la durée, la franchise, le seuil d'invalidité et la prise en charge de la reprise partielle.

Courtier indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004449. Nous ne publions aucun classement d'assureurs : nous lisons vos conditions générales, ligne par ligne.

Comparatifs des professions voisines

La méthode reste la même ; ce sont le barème de la caisse et la hiérarchie des exclusions qui changent.