Assurance et risque de santé
Risque aggravé de santé : vos droits en prêt, prévoyance et mutuelle
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le
Un « risque aggravé de santé » est, au sens de la convention AERAS, la situation d'une personne dont une maladie, un antécédent ou un handicap empêche l'assureur de proposer son contrat aux conditions standard : sans surprime, sans exclusion ni limitation de garantie. En 2024, 220 599 demandes d'assurance de prêt étaient dans ce cas, soit 7,4 % du total, et 93,6 % ont reçu une proposition couvrant au moins le décès (France Assureurs, statistiques AERAS 2024). Vos droits dépendent du contrat : l'assurance de prêt est encadrée par la convention AERAS et le droit à l'oubli, la mutuelle responsable ne pratique aucune sélection médicale, la prévoyance individuelle n'est protégée par aucun texte.
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Faire étudier mon dossier Ou vérifier mes droits en 2 minutes →Qu'est-ce qu'un « risque aggravé de santé » ?
L'expression vient de la convention AERAS — « s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé » —, signée entre l'État, les banques, les assureurs et les associations de patients. Elle vise toute personne qui présente ou a présenté un risque « du fait d'une maladie ou d'un handicap ». France Assureurs en donne la définition statistique : une demande pour laquelle l'assureur ne peut pas proposer les conditions standard du contrat — sans surprime, sans exclusion ni limitation — pour une raison de santé.
Ce n'est donc ni un diagnostic, ni une liste de maladies. Un cancer traité il y a trois ans, un diabète équilibré, une hernie discale opérée, un épisode dépressif avec arrêt de travail : tous peuvent faire sortir un dossier du tarif standard. Pas forcément sur toutes les garanties.
Le chiffre clé En 2024, la garantie décès a été accordée sans surprime ni exclusion dans 65 % des dossiers en risque aggravé. La garantie incapacité-invalidité, elle, ne l'a été que dans 54 % des cas : 24 % avec exclusion ou limitation, 12 % avec surprime, et 10 % de refus pour raison médicale (France Assureurs, statistiques AERAS 2024). Pour un indépendant, c'est cette garantie-là qui rembourse le prêt pendant un arrêt.
Quel texte protège quel contrat ?
Aucun texte ne couvre « l'assurance » en général. La loi Lemoine du 28 février 2022 ne vise que le crédit immobilier des particuliers ; les prêts qui financent une activité professionnelle en sont exclus par l'article L.313-2 du code de la consommation. La convention AERAS et le droit à l'oubli ne visent que l'assurance de prêt. La prévoyance individuelle et l'homme clé ne relèvent d'aucun dispositif. État du droit au 17 septembre 2026 :
| Contrat | Sélection médicale ? | Loi Lemoine ? | Convention AERAS ? | Droit à l'oubli ? |
|---|---|---|---|---|
| Prêt immobilier (habitation ou usage mixte) | Oui, sauf si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant 60 ans | Oui : dispense de questionnaire sous ces deux conditions, résiliation à tout moment | Oui | Oui : 5 ans, contrat terminé avant 71 ans |
| Prêt professionnel : locaux, matériel, fonds de commerce composé d'éléments immatériels | Oui, toujours, quel que soit le montant | Non (art. L.313-2 du code de la consommation) | Oui ; fonds immatériels depuis le 7 octobre 2024 | Oui : 5 ans, contrat terminé avant 71 ans |
| Rachat de parts sociales, prêt de trésorerie | Oui | Non | Non mentionnés dans le champ tel qu'il est rédigé — à vérifier | Non garanti par le texte — à vérifier |
| Crédit à la consommation affecté ou dédié | Pas de questionnaire pour un emprunteur de 50 ans au plus, un crédit de 17 000 € au plus et une durée de 4 ans au plus, sur déclaration de non-cumul (convention AERAS) | Non | Oui (assurance décès) ; ni grille ni 3e niveau | Oui |
| Prévoyance individuelle (arrêt de travail, invalidité, décès) | Oui | Non | Non | Non |
| Homme clé, garantie croisée d'associés | Oui | Non | Non | Non |
| Contrat collectif obligatoire de l'entreprise | Pas de sélection individuelle : loi Évin du 31 décembre 1989, article 2 | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| Mutuelle santé solidaire et responsable | Interdite (art. L.862-4 et L.871-1 du code de la sécurité sociale) | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| Régime obligatoire (SSI, caisses libérales) | Non : droits ouverts par l'affiliation | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
Ce tableau appelle trois remarques. Le prêt est le contrat le mieux protégé : trois niveaux d'examen automatiques, réponse sous cinq semaines, interdiction de cumuler surprime et exclusion pour une même pathologie, recours à une commission de médiation. La mutuelle santé n'est jamais l'obstacle. La prévoyance est le point dur : l'assureur peut accepter, majorer, exclure, ajourner ou refuser, sans autre obligation que d'écrire clairement ses exclusions dans le contrat. Le contrat collectif obligatoire ne concerne que le dirigeant assimilé salarié affilié au contrat de sa société — pas le travailleur non salarié en contrat individuel, et ce n'est pas une raison suffisante pour changer de statut.
Une erreur fréquente. « Moins de 200 000 €, donc pas de questionnaire de santé » : c'est vrai pour un logement, jamais pour un fonds de commerce, une patientèle ou du matériel. L'article L.113-2-1 du code des assurances renvoie aux seuls crédits immobiliers d'habitation ou mixtes. Détail dans questionnaire de santé : quand il est interdit, quand il est obligatoire et dans nos dix idées fausses sur l'assurance de prêt et la maladie.
Par où commencer selon votre projet ?
Partez de votre situation plutôt que du vocabulaire des assureurs. Chaque ligne renvoie à la page qui traite la question à fond, texte de référence à l'appui.
| Votre situation | Ce qu'il faut savoir d'abord | La page |
|---|---|---|
| Vous reprenez un fonds, une patientèle, un local ou du matériel | Questionnaire obligatoire ; AERAS jusqu'à 420 000 € de part assurée et un contrat terminé avant 71 ans | Prêt professionnel avec un risque aggravé de santé |
| Vous achetez un logement | Sous 200 000 € par personne et fin avant 60 ans : aucun questionnaire. Au-delà : AERAS | Prêt immobilier avec un antécédent de santé |
| Vous voulez comprendre le dispositif en entier | Trois niveaux, 3 + 2 semaines, garantie invalidité spécifique, écrêtement, médiation | Convention AERAS : le guide 2026 |
| Vous avez eu un cancer ou une hépatite C | Plus rien à déclarer 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Droit à l'oubli · calculer ma date |
| Vous cherchez si votre pathologie a un tarif encadré | Une seule grille en vigueur : l'édition de septembre 2023 | La grille de référence AERAS, ligne à ligne |
| Vous devez remplir un questionnaire de santé | Répondre aux questions posées, exactement ; pièces au seul médecin-conseil | Questionnaire de santé |
| L'assureur a refusé ou ajourné | La lettre doit indiquer le niveau du refus ; les raisons médicales se demandent au médecin de l'assureur | Refus d'assurance de prêt : que faire |
| On vous propose une garantie invalidité « spécifique » | Déclenchée à 70 % d'incapacité fonctionnelle : utile, mais loin de l'arrêt de travail d'un indépendant | La garantie invalidité spécifique (GIS) |
| Vous payez une surprime sur un prêt en cours | Droit à l'oubli ramené à 5 ans en 2022, grille élargie : le contrat peut se renégocier | Faire sauter une surprime ancienne |
| Votre prévoyance a été refusée, ajournée ou amputée | Pas d'AERAS ici ; le socle est votre régime obligatoire | Prévoyance refusée ou ajournée |
| Vous êtes déjà en invalidité, ou en situation de handicap | Une incapacité ou une invalidité en cours se déclare toujours, même liée à un cancer couvert par le droit à l'oubli | Emprunter en invalidité ou avec un handicap |
| Vous êtes en ALD et cherchez une mutuelle | Un contrat responsable ne pose aucune question de santé et ne tarifie pas selon la santé | Mutuelle santé et ALD · ALD et indépendant |
| Votre banque ou vos associés demandent une assurance homme clé | Sélection médicale, sans convention AERAS ni droit à l'oubli | Homme clé avec un antécédent de santé · assurance homme clé |
Étape suivante
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Grille AERAS, droit à l'oubli, questionnaire : quelle règle pour votre maladie ?
Tout dépend de la pathologie et du contrat. La grille ne liste que certains cancers, l'hépatite C, le VIH, la mucoviscidose, l'épilepsie, l'astrocytome pilocytique et les méningiomes ; le droit à l'oubli est réservé aux cancers et à l'hépatite C. Deux règles valent pour toutes les situations du tableau ci-dessous et n'y sont donc pas répétées : en crédit immobilier, la dispense de questionnaire de la loi Lemoine joue quelle que soit la maladie, si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant 60 ans ; en prévoyance individuelle, il n'y a ni grille ni droit à l'oubli, et l'assureur est libre. Le tableau croise chaque maladie traitée sur ce site avec les trois autres règles, au 17 septembre 2026.
La grille de référence — édition de septembre 2023, la seule en vigueur : il n'existe pas de grille 2025 ou 2026 — fixe, pour une liste limitée de pathologies, un délai après lequel l'assureur ne peut appliquer ni surprime ni exclusion (partie I) ou seulement une surprime plafonnée (partie II). Elle vaut pour un prêt immobilier ou professionnel, jusqu'à 420 000 € de part assurée, avec un contrat terminé avant 71 ans. Hors grille, la tarification est individuelle, mais les autres protections de la convention restent acquises.
| Situation | Dans la grille AERAS ? | Droit à l'oubli ? | Prêt professionnel |
|---|---|---|---|
| Cancer du sein | Oui. In situ : tarif normal après 1 an. Infiltrant de stade I : surprime plafonnée à 100 % après 3 ans. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Cancer de la prostate | Oui (partie II). Surveillance active, 55 ans ou plus au diagnostic : sans délai, surprime décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) limitée à 75 %, GIS non proposée. Traité, stade T1N0M0 ou T2aN0M0 : tarif normal après 1 an. Critères cumulatifs précis. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Lymphomes et leucémies | Oui, pour certaines formes. Leucémie aiguë promyélocytaire : 3 ans (partie I). Leucémie myéloïde chronique : 5 ans après le diagnostic, surprime plafonnée à 150 %. Burkitt, LAL3 : 5 ans après le diagnostic, 50 %. Leucémie lymphoïde chronique de stade A : 100 %, couverture de 15 ans au plus. Les autres lymphomes n'y figurent pas. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Autres cancers | Oui, pour certains : testicule et thyroïde 3 ans, mélanome et col de l'utérus in situ 1 an, côlon-rectum 1 ou 4 ans, selon des critères de stade précis. | Oui : 5 ans pour toutes les localisations | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Mélanome | Oui, pour le mélanome in situ pur ou de niveau I de Clark, après exérèse complète, sans syndrome des nævi dysplasiques : tarif normal après 1 an (partie I). Les autres mélanomes n'y figurent pas. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Cancer colorectal | Oui (partie I). Stade Tis, plus de 50 ans au diagnostic : 1 an. Stade I T1N0M0, adénocarcinome, plus de 50 ans : 4 ans. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Cancer de la thyroïde | Oui (partie I). Papillaire ou vésiculaire, stade I avant 45 ans, stade I ou II à partir de 45 ans : 3 ans. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Cancer du testicule | Oui (partie I). Séminome pur de stade I : 3 ans. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Cancer du poumon | Non : aucune ligne. Tarification individuelle jusqu'au droit à l'oubli. | Oui : 5 ans après la fin du protocole, sans rechute | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| VIH et hépatite C | Oui. VIH : partie I, 1 an après l'instauration du traitement, sous conditions biologiques. Hépatite C : 24 semaines après la fin du traitement. | Hépatite C : oui, 5 ans. VIH : non | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Hépatite B | Non. Une co-infection par le virus de l'hépatite B fait même sortir des lignes VIH et hépatite C de la grille. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Épilepsie | Oui. Parties I et II depuis le 1er septembre 2023, selon des critères cumulatifs : ancienneté de la dernière crise, traitement, absence de lésion évolutive. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; grille applicable si le prêt entre dans la convention |
| Diabète de type 1 et de type 2 | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Maladies cardiovasculaires : hypertension artérielle, infarctus, stent, pontage | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, trois niveaux d'examen, non-cumul surprime-exclusion |
| AVC, AIT | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C : aucun droit à l'oubli après un AVC | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, trois niveaux d'examen, non-cumul surprime-exclusion |
| Arythmie, fibrillation auriculaire, pacemaker | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, trois niveaux d'examen, non-cumul surprime-exclusion |
| Insuffisance cardiaque, valvulopathie, artérite | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, trois niveaux d'examen, non-cumul surprime-exclusion |
| Cholestérol | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, trois niveaux d'examen, non-cumul surprime-exclusion |
| Santé mentale : dépression, burn-out, troubles bipolaires | Non. Le point sensible est la garantie arrêt de travail, où l'exclusion des affections psychiques est courante. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours : il porte notamment sur les arrêts de travail de plus de 21 jours consécutifs ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Schizophrénie, troubles anxieux, TCA, TDAH | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Maladies non objectivables (MNO) | Sans objet : une définition contractuelle des contrats, pas une pathologie. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; l'enjeu est la garantie arrêt de travail et le rachat d'exclusion |
| Sclérose en plaques | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle ; à défaut d'invalidité standard, garantie invalidité spécifique ou, au minimum, PTIA |
| Maladie de Crohn, rectocolite hémorragique | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite · spondylarthrite ankylosante | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Maladies auto-immunes : lupus, psoriasis, Sjögren, sclérodermie, cœliaque | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Maladie de Parkinson | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle ; à défaut d'invalidité standard, garantie invalidité spécifique ou, au minimum, PTIA |
| Cirrhose, consommation d'alcool | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Endométriose | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Asthme, BPCO | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Thyroïde hors cancer : hypothyroïdie, Hashimoto, Basedow, nodules | Non. Seul le cancer de la thyroïde, papillaire ou vésiculaire, a une ligne : 3 ans. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Mal de dos, hernie discale | Non. L'enjeu est l'exclusion du dos sur l'arrêt de travail. | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours : il porte sur les arrêts de travail de plus de 21 jours consécutifs ; tarification individuelle |
| Obésité, sleeve, bypass | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Surpoids, IMC | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Apnée du sommeil | Non | Non : réservé aux cancers et à l'hépatite C | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Greffe, dialyse, insuffisance rénale | Non | Non : il est réservé aux cancers et à l'hépatite C. Tout se déclare. | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
| Affection de longue durée (ALD) | Sans objet : l'ALD est un statut, pas une pathologie. | Selon la pathologie | Questionnaire toujours : il peut interroger sur une ALD, sur les 15 dernières années au plus (convention AERAS, titre II) |
| Invalidité, handicap | Sans objet : une situation, pas une pathologie. | Non : une incapacité ou une invalidité en cours se déclare toujours, même liée à un cancer couvert par le droit à l'oubli | Questionnaire toujours ; tarification individuelle, avec les protections de la convention |
Trois précisions de lecture. La dispense de questionnaire vient de la loi Lemoine : sous ses deux conditions, l'assureur ne pose aucune question de santé, quelle que soit la maladie. En prêt professionnel, la convention ne joue que si le prêt entre dans son champ : locaux, matériel ou fonds immatériel, 420 000 € de part assurée au plus, contrat terminé avant 71 ans. Deux ordres de grandeur, enfin : plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées pour un diabète en France en 2023 (Santé publique France), et 18,1 % des adultes étaient en situation d'obésité en 2024 (étude OFÉO, Ligue contre l'obésité).
L'éligibilité médicale à une ligne de la grille se vérifie avec votre médecin, compte rendu en main. La décision appartient ensuite au médecin-conseil de l'assureur.
Senior, arrêt maladie, grossesse, surpoids, décès : quelle règle selon votre situation ?
Certaines situations ne sont pas des maladies mais changent la règle applicable. Un prêt qui se termine après votre 60e anniversaire reste soumis au questionnaire de santé (article L.113-2-1 du code des assurances) ; la convention AERAS s'applique jusqu'au 71e anniversaire ; une assurance décès souscrite seule n'a ni AERAS, ni droit à l'oubli, ni protection de la loi Évin. Chaque ligne renvoie à la page dédiée.
| Situation | Ce qui change | La page |
|---|---|---|
| Vous empruntez après 60 ans, 65 ans, 70 ans | Dispense de questionnaire impossible dès que le prêt se termine après le 60e anniversaire ; convention AERAS, grille et écrêtement jusqu'au 71e anniversaire ; limites d'âge des garanties arrêt de travail, invalidité et décès fixées par chaque contrat | Assurance emprunteur senior · prêt professionnel d'un repreneur senior |
| Un arrêt de travail survient pendant le prêt | C'est la garantie incapacité temporaire (ITT) du contrat qui joue, après une franchise contractuelle — les franchises « atteignent fréquemment 90 jours » selon l'avis du CCSF adopté le 26 mai 2026 —, sous réserve des exclusions (dos, psychique) ; votre caisse verse ses indemnités sans sélection médicale | Assurance emprunteur et arrêt maladie |
| Vous êtes enceinte au moment d'emprunter | Une grossesse n'est ni une maladie ni un handicap : elle n'est pas un risque aggravé au sens de la convention. Le questionnaire, quand il est posé, reste à remplir exactement ; une grossesse pathologique s'apprécie à part | Assurance emprunteur et grossesse |
| Votre IMC dépasse 25 ou 30 | L'obésité est absente de la grille AERAS ; l'IMC entre dans l'appréciation individuelle du médecin-conseil, avec les comorbidités. 18,1 % des adultes étaient en situation d'obésité en 2024 (étude OFÉO) | Surpoids et IMC · obésité, sleeve, bypass |
| Vous cherchez une assurance décès seule, avec un antécédent | Ni convention AERAS, ni droit à l'oubli : ils ne valent que pour l'assurance de prêt. La loi Évin (article 6) ne protège pas non plus un contrat couvrant exclusivement le décès. Le capital décès de votre régime obligatoire, lui, est versé sans sélection | Assurance décès et antécédent de santé |
Fumeur, métier ou sport à risque : est-ce un risque aggravé de santé ?
Non. La convention AERAS vise le risque lié à « une maladie ou un handicap » : le tabac, un métier ou un sport à risque n'en sont pas. Fumer vous place dans une classe tarifaire définie par le contrat ; un métier ou un sport à risque peut donner lieu à une surprime ou à une exclusion liée à l'activité. La grille et le droit à l'oubli ne sont pas faits pour ces situations.
- Assurance de prêt pour un fumeur ou un vapoteur : la définition du non-fumeur se lit sur la notice du contrat, et une fausse déclaration sur le tabac relève du même article L.113-8 du code des assurances qu'une omission médicale.
- Métier ou sport à risque : questionnaire professionnel et sportif, exclusions et surprimes liées à l'activité, pour le prêt comme pour la prévoyance.
Une maladie liée au tabac ou les séquelles d'un accident, elles, restent un risque de santé : elles s'apprécient à part, avec les règles du tableau ci-dessus.
Cas type : Karim, 52 ans, kinésithérapeute, achète son cabinet
Karim, 52 ans, kinésithérapeute, a un diabète de type 2 traité depuis six ans. Il emprunte 300 000 € sur 15 ans pour acheter les murs de son cabinet. Marié, deux parts fiscales.
- Loi Lemoine ? Non. Le local est strictement professionnel : le questionnaire de santé est à remplir, quel que soit le montant.
- Convention AERAS ? Oui. Prêt professionnel pour des locaux, 300 000 € assurés — sous le plafond de 420 000 € —, contrat terminé à 52 + 15 = 67 ans, avant le 71e anniversaire.
- Grille, droit à l'oubli ? Non : le diabète ne figure dans aucun des deux. Tarification individuelle, avec trois niveaux d'examen automatiques et l'interdiction de cumuler surprime et exclusion au titre du diabète sur une même garantie.
- Écrêtement ? Seulement si le revenu du foyer ne dépasse pas 1,25 fois le plafond annuel de la sécurité sociale, seuil applicable aux foyers de 1,5 à 2,5 parts, soit 60 075 € en 2026 pour ses deux parts : l'assurance, surprime comprise, ne peut alors pas peser plus de 1,4 point dans le taux effectif global. Le dispositif intervient aux deuxième et troisième niveaux d'examen.
- Prévoyance et mutuelle ? Sa prévoyance individuelle n'a aucune protection équivalente : l'assureur est libre. Sa caisse, la CARPIMKO, le couvre sans sélection médicale. Sa mutuelle ne lui posera aucune question.
Exemple fictif, établi à partir des textes en vigueur.
Comment un courtier instruit-il un dossier à risque de santé ?
Un courtier ne décide de rien : la décision appartient au médecin-conseil de chaque assureur. Son travail consiste à présenter le bon dossier, au bon assureur, dans le bon ordre, assez tôt. La convention AERAS le permet : les assureurs s'engagent à étudier une demande même sans compromis signé, et leur proposition reste valable quatre mois.
- Qualifier le prêt. Nature, part assurée, âge en fin de contrat : c'est ce qui dit si la loi Lemoine, la convention AERAS, la grille ou le droit à l'oubli s'appliquent. Dix minutes, sans aucune donnée médicale.
- Vérifier les dates. Fin du protocole thérapeutique, délais de la grille : quelques mois d'écart peuvent changer la réponse. Le simulateur fait ce calcul dans votre navigateur.
- Préparer les pièces avec votre médecin. Comptes rendus, derniers bilans, traitement en cours. Vous les adressez sous pli confidentiel ou par la plateforme sécurisée au médecin-conseil de l'assureur — jamais à la banque, jamais à nous.
- Interroger les assureurs dans le bon ordre. Beaucoup de questionnaires demandent si une proposition a déjà été refusée, ajournée ou majorée. Des examens médicaux de moins de six mois passés pour un assureur sont réutilisables chez un autre.
- Lire la réponse garantie par garantie. Décès, PTIA, incapacité, invalidité : surprime ou exclusion, jamais les deux pour la même pathologie. Une garantie invalidité spécifique se compare à ce que verse votre caisse obligatoire.
- En cas de refus : ne pas s'arrêter au premier. Niveau du refus, raisons médicales demandées au médecin de l'assureur, autres assureurs, garanties alternatives, Commission de médiation. Vous repartez avec une recommandation écrite, y compris quand elle consiste à attendre.
Quand ne faut-il pas souscrire, ou pas tout de suite ?
Voici les cas où signer n'est pas la bonne décision.
- Votre date approche. Si le droit à l'oubli ou un délai de la grille est acquis dans quelques mois, décaler le projet — ou prévoir dès maintenant la révision du contrat à cette date — peut valoir mieux qu'une surprime posée pour quinze ans.
- On ne vous propose qu'une garantie décès très majorée pour un petit prêt court. Les banques signataires de la convention s'engagent à accepter des garanties alternatives offrant la même sécurité, quel que soit le montant du prêt : caution, bien immobilier, nantissement d'un contrat d'assurance vie ou d'un portefeuille. Comparez avant de signer. Attention : une caution ne protège pas votre famille, elle la remplace par un autre débiteur.
- Une prévoyance amputée de l'essentiel. Un contrat qui exclut votre pathologie continue de couvrir l'accident, une autre maladie, le décès : il mérite examen. Un contrat qui exclut à la fois le dos et le psychique pour un artisan déjà opéré du dos peut coûter plus qu'il ne protège. Chiffrez d'abord ce que verse votre régime obligatoire — jusqu'à 65,84 € par jour en 2026 pour un artisan ou un commerçant.
- La mutuelle « spéciale ALD ». Aucune mutuelle responsable ne sélectionne sur la santé : ne payez pas plus cher un contrat présenté comme adapté à votre maladie sans comparer les garanties ligne à ligne.
- Se taire pour passer. Hors droit à l'oubli, une omission volontaire expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances). La dette retomberait sur vos proches ou votre entreprise, au pire moment.
Besoin d'un interlocuteur neutre ? La Ligue contre le cancer anime le service AIDEA, gratuit et anonyme, dédié à l'emprunt : 0 800 940 939.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un prêt quand on est malade ou en ALD ?
Oui, dans la grande majorité des cas. En 2024, 93,6 % des demandes d'assurance de prêt présentant un risque aggravé de santé ont reçu une proposition couvrant au moins le décès, selon France Assureurs. Être en affection de longue durée n'est pas un motif de refus en soi : l'assureur évalue la pathologie, son ancienneté et sa stabilité. En cas de refus, les banques signataires de la convention AERAS s'engagent à accepter des garanties alternatives offrant la même sécurité : caution, bien immobilier, nantissement d'un contrat d'assurance vie ou d'un portefeuille.
La loi Lemoine supprime-t-elle le questionnaire de santé pour un prêt professionnel ?
Non. L'article L.113-2-1 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er juin 2022, ne vise que les crédits immobiliers finançant un bien à usage d'habitation ou mixte, quand la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le prêt se termine avant 60 ans. Un prêt finançant un fonds de commerce, une patientèle, du matériel ou un local strictement professionnel reste soumis au questionnaire, quel que soit son montant.
Le droit à l'oubli s'applique-t-il à la prévoyance d'un indépendant ?
Non. Le droit à l'oubli — ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute — ne concerne que l'assurance de prêt : immobilier, crédit à la consommation affecté, prêt professionnel entrant dans la convention AERAS. Pour une prévoyance individuelle, une assurance homme clé ou une garantie croisée d'associés, l'assureur peut vous interroger sur un antécédent ancien. Il n'existe ni grille, ni deuxième niveau d'examen, ni médiation dédiée.
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Sources
- Convention AERAS, version actualisée 2023 — texte intégral — consulté en septembre 2026.
- Convention AERAS — grille de référence, édition de septembre 2023 — consulté en septembre 2026.
- France Assureurs — statistiques de la convention AERAS, année 2024 — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — article L.113-2-1 du code des assurances (questionnaire de santé) — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — article L.313-2 du code de la consommation (exclusion des prêts professionnels) — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (droit à l'oubli à 5 ans, article 9) — consulté en septembre 2026.
- Commission de médiation AERAS — rapport 2024 (extension aux fonds de commerce immatériels) — consulté en septembre 2026.
- CCSF — avis sur les contrats d'assurance emprunteur, adopté le 26 mai 2026 et publié le 24 juin 2026 (franchises « fréquemment 90 jours ») — consulté en septembre 2026.