Prévoyance des indépendants
Souscrire une prévoyance avec des antécédents de santé : ce qui vous attend vraiment
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le 30 septembre 2026
Un antécédent de santé déclaré au questionnaire médical peut conduire à cinq issues : acceptation normale, surprime, exclusion partielle, ajournement ou refus. Personne ne peut chiffrer honnêtement vos chances : aucune statistique publique n'existe en prévoyance individuelle — le « 93,6 % » rassurant provient du dossier statistique AERAS 2024 et ne concerne que l'assurance emprunteur. Ce qui est établi : un même dossier reçoit des réponses très différentes d'un assureur à l'autre. Un antécédent ne ferme pas le marché — il impose de le faire jouer.
Votre antécédent, trois réponses d'assureurs possibles. Un pré-sondage anonyme révèle qui accepte, à quel prix, avant tout dossier officiel — sans laisser de trace.
Faire pré-sonder mon profilCinq issues possibles — et zéro statistique publique
Après le questionnaire médical, l'assureur décide (c'est la sélection du risque prévue à l'article L.113-2 du Code des assurances) : acceptation aux conditions standard, surprime, exclusion de la pathologie déclarée et de ses suites, ajournement (décision reportée), ou refus. La mécanique détaillée de chaque décision est décrite sur notre page questionnaire médical ; ici, la question qui fâche : à quelle fréquence chaque issue tombe-t-elle ?
Aucune source publique ne permet de répondre : les chiffres qui circulent viennent d'un autre marché. Les seules statistiques publiques françaises sur l'assurance des risques aggravés de santé sont celles de la convention AERAS — et son champ est l'assurance emprunteur, pas la prévoyance individuelle (ce que chaque texte protège, contrat par contrat : assurance et risque aggravé de santé) :
| Chiffre | Ce qu'il mesure | Périmètre |
|---|---|---|
| 93,6 % (2024) | Demandes présentant un risque aggravé de santé ayant reçu une proposition couvrant au moins le décès | Assurance emprunteur uniquement (dossier statistique AERAS, France Assureurs) |
| 65 % / 86 % / 54 % (2024) | Propositions sans surprime ni exclusion, respectivement en décès, PTIA et invalidité | Assurance emprunteur uniquement (dossier statistique AERAS) |
| Prévoyance individuelle | Taux d'acceptation, de surprime, d'exclusion ou de refus | Aucune statistique publique. Ni les assureurs, ni France Assureurs, ni l'ACPR ne publient ces données |
Transposer les taux AERAS à la prévoyance individuelle est une erreur de périmètre : la sélection médicale y est plus stricte (les arrêts de travail passés y pèsent plus lourd qu'en emprunteur) et rien n'y encadre les décisions des assureurs.
Stratégie n°1 : déclarer juste — la loi est brutale mais symétrique
La tentation d'« arranger » sa déclaration coûte le contrat. L'article L.113-8 du Code des assurances frappe fort : la fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat, « alors même que le risque omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence sur le sinistre » — une dépression dissimulée peut annuler le contrat même si votre arrêt vient d'une fracture — et les primes payées restent acquises à l'assureur. L'omission de bonne foi (art. L.113-9) est moins violente mais coûteuse : l'indemnité est réduite en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues. Exemple arithmétique : Nadia paie 80 €/mois ; si sa pathologie omise de bonne foi avait justifié 100 €/mois, son IJ contractuelle de 100 €/jour est réduite à 80 % — 80 €/jour, au pire moment pour le découvrir.
Mais la loi est symétrique, et c'est votre protection : la mauvaise foi doit être prouvée par l'assureur, et il ne peut se prévaloir que des réponses à des questions précises qu'il a effectivement posées (Cour de cassation, chambre mixte, 7 février 2014, n° 12-85.107). La Cour de cassation a encore écarté la nullité fondée sur des déclarations pré-imprimées dans des conditions particulières non signées par l'assuré, faute pour l'assureur de prouver qu'elles répondaient à des questions précises (2e chambre civile, 4 avril 2024, n° 22-18.176 et 22-18.316). Concrètement : répondez exactement à ce qui est demandé — tout ce qui est demandé, rien que ce qui est demandé. Ce qui n'est pas couvert par une question n'a pas à être déclaré spontanément.
Étape suivante
Un antécédent ne ferme pas le marché — il impose de le faire jouer
Même dossier, réponses différentes selon la compagnie : c'est la seule règle vérifiée du marché. Nous pré-sondons plusieurs assureurs sans transmettre votre identité, puis déposons le dossier officiel chez le mieux disposé. On s'en charge.
- Des écarts de prix importants, à garanties équivalentes : les tarifs varient fortement d’un assureur à l’autre pour un même profil.
- Des garanties sur mesure : invalidité jugée sur votre métier, exclusions dos et psy rachetées, franchise calée sur votre trésorerie.
- 0 € de frais de courtage : nous sommes rémunérés par l’assureur retenu, jamais par vous.
Sans engagement · Aucun questionnaire médical en ligne · Réponse sous 24 h ouvrées
Stratégie n°2 : faire jouer la concurrence, vraiment
Il n'existe pas de « barème du marché » pour un antécédent : chaque assureur applique sa propre politique de souscription, son propre médecin-conseil, sa propre grille interne. Le même dos opéré, le même diabète équilibré, la même dépression ancienne reçoivent des réponses différentes — standard chez l'un, surprime chez l'autre, refus chez un troisième. Conséquence pratique : il suffit d'un assureur bien disposé.
La méthode propre, décrite en détail sur notre page questionnaire médical : le pré-sondage anonyme. Le courtier présente le profil (âge, métier, antécédent, garanties visées) sans transmettre l'identité, recueille les positions de principe, et ne dépose le dossier officiel que chez le mieux-disant — car un refus officiel laisse une trace que certains questionnaires demandent ensuite de déclarer. C'est précisément le travail pour lequel un courtier spécialisé TNS existe. Si une première demande a déjà été refusée ou ajournée, la marche à suivre est détaillée sur notre page prévoyance refusée, ajournée ou avec exclusion.
Stratégie n°3 : négocier l'exclusion plutôt que la subir
Une exclusion n'est pas une fatalité définitive. Deux leviers se négocient à la souscription — jamais après :
- Le rachat d'exclusion (ou « levée d'exclusion ») : moyennant surprime, la pathologie exclue est réintégrée dans la garantie. C'est un standard du marché pour le dos et le psy — conditions, limites et pièges détaillés sur notre page exclusions dos et psy.
- La clause de révision : certains assureurs acceptent de réexaminer l'exclusion ou la surprime après quelques années sans récidive ni arrêt lié. À demander par écrit, avant signature.
Arbitrage à faire au cas par cas : pour un artisan dont le dos est l'outil de travail, une exclusion dos vide le contrat de son intérêt — mieux vaut une surprime chez un concurrent. Pour un antécédent sans rapport avec le risque principal du métier, une exclusion ciblée et assumée peut être le meilleur rapport garanties/prix.
Contrats « sans questionnaire » : ce qu'ils cachent
Face à un antécédent lourd, les contrats à adhésion simplifiée (« sans questionnaire médical », « sans formalités ») semblent la sortie de secours. Leur mécanique réelle mérite d'être lue avant d'y voir un refuge :
| Critère | Contrat classique (avec questionnaire) | Adhésion simplifiée (« sans questionnaire ») |
|---|---|---|
| Pathologies antérieures | Couvertes, sauf exclusion explicite négociable | Généralement exclues, ainsi que leurs suites — l'antécédent qui vous inquiète n'est pas couvert |
| Capitaux et prestations | Ajustés à votre revenu réel | Faibles : souvent 5 000 à 20 000 € en décès, IJ plafonnées à des montants modestes |
| Délais d'attente | Franchise contractuelle choisie | Délais de carence pouvant atteindre environ 2 ans avant que certaines garanties jouent |
| Sélection réelle | Questionnaire explicite | Éligibilité déguisée : conditions du type « aucun arrêt de plus de 15 jours dans les 36 derniers mois » |
Ces caractéristiques varient d'un contrat à l'autre — d'où les « souvent » et « généralement » : il n'existe pas de norme publique. Elles se vérifient dans la notice d'information, jamais dans la publicité.
« Sans questionnaire = couvert pour mes antécédents » est donc un contresens : c'est en général l'inverse. Ces contrats se comparent en dernier recours, quand le marché classique a réellement été épuisé — pas en premier réflexe pour éviter une déclaration.
Et pour votre maladie, précisément ?
Les cinq issues sont les mêmes pour tous, mais ce que regarde l'assureur, ce que votre caisse verse sans questionnaire et ce qu'une exclusion laisse couvert changent d'une pathologie à l'autre. Six guides descendent à ce niveau, chacun avec le barème de votre régime obligatoire et un cas type d'indépendant :
- Prévoyance après un cancer — aucun droit à l'oubli en prévoyance, mais un contrat souscrit avant la maladie se garde
- Prévoyance et diabète — type 1, type 2, complications : ce qui se déclare et ce qui reste assurable
- Prévoyance après une dépression ou un burn-out — la clause psychique, et ce qu'en dit le Médiateur de l'assurance
- Prévoyance et mal de dos, hernie discale — l'exclusion du rachis, validée par la Cour de cassation quand elle est précise
- Prévoyance après un infarctus, avec une hypertension
- Prévoyance et sclérose en plaques — l'enjeu de l'invalidité partielle, caisse par caisse
Pour un prêt, les règles sont différentes et plus protectrices : voir s'assurer avec un risque aggravé de santé.
Les antécédents qui déclenchent une étude approfondie
Les antécédents qui déclenchent le plus souvent une étude approfondie sont banals : troubles du dos (lombalgies, hernies discales — voir les exclusions dos), affections psychiques (dépression, burnout), diabète, hypertension, cancers y compris anciens et guéris — pour ces derniers, lisez ce que le droit à l'oubli change (et ne change pas) en prévoyance. Une ALD en cours ou passée entre dans la même logique. Aucun de ces antécédents ne ferme le marché à lui seul ; chacun modifie la manière d'y entrer. Et rappel utile : ce site ne collecte aucune donnée de santé en ligne — l'échange médical a lieu ensuite, directement avec l'assureur, sous secret médical.
Questions fréquentes
Quelles sont mes chances d'être accepté avec un antécédent de santé ?
Personne ne peut vous donner un pourcentage honnête : aucune statistique publique n'existe en prévoyance individuelle. Les chiffres rassurants qui circulent (93,6 % de propositions couvrant au moins le décès en 2024) viennent du dossier statistique AERAS et ne concernent que l'assurance emprunteur. Ce qui est établi : un même dossier reçoit des réponses très différentes selon l'assureur — d'où l'intérêt du pré-sondage.
Que risque-t-on à ne pas déclarer un antécédent ?
La nullité du contrat (art. L.113-8) si l'omission est intentionnelle — même sans lien avec le sinistre — avec primes acquises à l'assureur ; une réduction proportionnelle de l'indemnité si elle est de bonne foi (art. L.113-9). En sens inverse, l'assureur ne peut s'appuyer que sur des questions précises effectivement posées : ce qui n'est pas demandé n'a pas à être déclaré.
La convention AERAS peut-elle m'aider en prévoyance individuelle ?
Non. Son champ est l'assurance emprunteur (prêts immobiliers, prêts professionnels, certains crédits à la consommation) ; son troisième niveau d'examen et sa grille de référence supposent en outre une part assurée n'excédant pas 420 000 € et un contrat d'assurance prenant fin avant votre 71e anniversaire. Ni ses niveaux d'examen ni sa grille ne s'imposent aux contrats de prévoyance individuelle — détail sur notre page droit à l'oubli.
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- Courtier ORIAS n° 26004449
- Réponse sous 24 h ouvrées
Sources
- Légifrance — article L.113-8 du Code des assurances (nullité pour fausse déclaration intentionnelle, « alors même que le risque omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence sur le sinistre », primes acquises) — consulté en août 2026. L'article L.113-9 (réduction proportionnelle en cas de bonne foi) figure au même code.
- France Assureurs — dossier statistique de la convention AERAS, année 2024 (publié en décembre 2025) : 93,6 % des demandes avec risque aggravé de santé ont reçu une proposition couvrant au moins le décès ; propositions hors pool sans surprime ni exclusion : 65 % en décès, 86 % en PTIA, 54 % en incapacité-invalidité — assurance emprunteur — consulté en septembre 2026.
- aeras-infos.fr — site officiel de la convention AERAS (champ : assurance emprunteur ; 3e niveau d'examen et grille : part assurée ≤ 420 000 €, contrat prenant fin avant le 71e anniversaire) — consulté en août 2026.
- Cour de cassation, chambre mixte, 7 février 2014, n° 12-85.107 (l'assureur ne peut se prévaloir que des réponses à des questions précises) ; Cour de cassation, 2e chambre civile, 4 avril 2024, n° 22-18.176 et 22-18.316 (pas de nullité sur la base de déclarations pré-imprimées dans des conditions particulières non signées) — consulté en septembre 2026.
- Caractéristiques des contrats à adhésion simplifiée : ordres de grandeur indicatifs, non rattachés ici à des notices identifiées — il n'existe pas de norme publique, d'où les formulations « souvent / généralement » ; seule la notice d'information du contrat fait foi.