Comparatif prévoyance kinésithérapeute libéral : comment choisir en 2026

Chez un masseur-kinésithérapeute, le critère décisif n'est pas le montant d'indemnité journalière mais le barème d'invalidité professionnel avec seuil à 15 %, doublé du rachat de l'exclusion dorso : le métier exige la pleine capacité des mains, des épaules et du dos, et une capacité réduite met fin à l'activité bien avant les 66 % d'incapacité qu'exige la CARPIMKO. Comptez 60 à 150 €/mois, et 150 à 200 €/mois sans exclusion du rachis. Le forfait CARPIMKO de 55,44 €/j ne couvre que 40 % du revenu d'un kiné à 50 000 € de BNC : il manque 81,55 €/j à partir du 91e jour.

Barème proLe critère n° 1 pour un kiné
81,55 €/jLe manque au 91e jour à 50 000 € de BNC
60 à 200 €/moisFourchette 2026 selon les rachats d'exclusion

Ce que vous achetez vraiment : le forfait CARPIMKO à 55,44 €/j

Un kinésithérapeute libéral est couvert par la CPAM du 4e au 90e jour (1/730e du revenu moyen des trois dernières années, soit 68,49 €/j pour 50 000 € de BNC), puis par la CARPIMKO qui verse un forfait de 55,44 €/j jusqu'au 1 095e jour. Rapporté au revenu journalier de 136,99 €, ce forfait représente 40 %. Le calcul complet du trou figure sur notre page prévoyance kiné libéral ; cette page-ci traite de la question suivante : sur quels critères arbitrer, et à quel prix.

Deux données cadrent l'exercice. D'abord, la cotisation invalidité-décès CARPIMKO obligatoire coûte 1 022 €/an (85,17 €/mois) — plus que l'entrée de gamme d'un contrat complémentaire. Ensuite, la pension d'invalidité de la caisse, 10 080 €/an en partielle et 20 160 €/an en totale, exige 66 % d'incapacité et ne démarre qu'au 366e jour. C'est ce second point qui doit orienter tout votre budget.

Les critères qui comptent pour un kinésithérapeute libéral

Prévoyance kiné 2026 : les 7 critères classés selon les risques réels du métier
RangCritèreCe qu'il faut exigerPourquoi pour un kinéSignal d'alerte
1Barème d'invaliditéBarème professionnel, seuil à 15 %, expertise par un médecin connaissant le métierUne épaule ou un poignet diminué interdit la thérapie manuelle mais laisse une capacité générale quasi intacte : en fonctionnel, le taux reste sous le seuilBarème fonctionnel seul, seuil à 33 %, renvoi au barème du Concours médical sans mention professionnelle
2Exclusion dorsoRachat du rachis sans condition d'hospitalisation ni de chirurgiePostures contraignantes et mobilisations répétées : le rachis est le premier motif d'arrêt long des métiers de rééducationRachat « limité à 90 jours d'indemnisation »
3Membres supérieursAucune limitation spécifique sur les TMS des épaules, coudes et poignetsÉpicondylite, tendinopathie de coiffe : ce sont les pathologies professionnelles typiques du métierClause écartant les « affections tendineuses d'origine professionnelle »
4Durée d'indemnisation1 095 jours, reprise partielle d'activité indemnisée au prorataLa CARPIMKO indemnise jusqu'à 1 095 jours et l'invalidité ne démarre qu'au 366e jour : le raccord doit être continuDurée 365 ou 730 jours
5FranchiseFranchises séparées accident et maladie ; 30 jours en accident si votre trésorerie est courteLa CPAM verse déjà 68,49 €/j jusqu'à J90 : la franchise se choisit sur votre trésorerie réelleFranchise unique 90 jours présentée comme « calée sur la CARPIMKO »
6Forfaitaire ou indemnitaireForfaitaire si votre patientèle ou votre temps de travail varientEn indemnitaire, l'assureur déduit les IJ CPAM puis le forfait CARPIMKO de la perte justifiée« Dans la limite de la perte réelle, prestations des régimes obligatoires déduites »
7Frais générauxPoste distinct, calibré sur le loyer du cabinet, le matériel et le logicielUn cabinet de rééducation immobilise du matériel et souvent un local partagé : les charges courent pendant l'arrêtGarantie annoncée sans montant chiffré

La différence entre un contrat qui verse et un contrat qui ne verse pas, pour un kiné, se joue sur les rangs 1 à 3. Le montant d'indemnité journalière ne vient qu'après.

Prix 2026 : ce que coûte chaque niveau de couverture

Fourchettes de cotisation relevées en 2026 pour un profil auxiliaire médical CARPIMKO de 30 à 40 ans
NiveauCotisation mensuelleSur l'annéeCe que ce niveau achète
Entrée de gamme60 €/mois720 €/anIJ modestes, franchise longue, barème fonctionnel, exclusions maintenues
Standardjusqu'à 150 €/moisjusqu'à 1 800 €/anFranchise courte, IJ correctes, invalidité et décès complets
Renforcé sans exclusion dorso150 à 200 €/mois1 800 à 2 400 €/anRachat du rachis, barème professionnel, durée 1 095 jours
Pour mémoire : cotisation obligatoire85,17 €/mois1 022 €/anInvalidité-décès CARPIMKO seule, aucune IJ avant le 91e jour

Fourchettes indicatives relevées publiquement en 2025-2026 pour les auxiliaires médicaux affiliés à la CARPIMKO. Facteurs de variation : âge à la souscription, revenu assuré, franchise, options souscrites, antécédents déclarés au questionnaire médical.

Le chiffre clé

840 €/mois : c'est tout ce que verse la CARPIMKO en invalidité partielle (10 080 €/an), à condition d'atteindre 66 % d'incapacité et d'attendre le 366e jour. Rapporté au revenu journalier d'un kiné à 50 000 € de BNC (136,99 €/j, soit environ 4 166 €/mois), cela représente 20 % du revenu. Un contrat en barème fonctionnel avec seuil à 33 % laisserait ce trou entier.

Trois erreurs fréquentes chez les kinés libéraux

  1. Acheter des indemnités journalières et négliger la rente d'invalidité. L'arrêt de travail est un problème de trésorerie ; l'incapacité à mobiliser est un problème de carrière. La CARPIMKO ne verse rien sous 66 % d'incapacité, et un barème fonctionnel place la plupart des séquelles d'épaule ou de poignet bien en dessous. C'est l'erreur la plus coûteuse du métier.
  2. Se rassurer avec le forfait de 55,44 €/j. Il couvre 40 % d'un BNC de 50 000 €. Il en couvrirait 34 % à 60 000 €. Autrement dit, plus votre cabinet marche, moins la caisse vous protège : le montant à assurer augmente avec le chiffre d'affaires.
  3. Choisir un contrat à 60 €/mois en laissant l'exclusion du rachis. L'économie est de 90 à 140 €/mois. Le risque écarté est le premier motif d'arrêt long du métier. Sur un arrêt lombaire de 210 jours indemnisables, un contrat à 70 €/j verse 14 700 € ; un contrat avec exclusion dorso verse 0 €.

Exemple : Julien arbitre entre le montant d'IJ et le rachat d'exclusion

Julien, 41 ans, kiné en cabinet, 50 000 € de BNC, soit 136,99 €/jour. Son budget est fixé à environ 150 €/mois, le haut de la fourchette standard. Deux façons de le dépenser lui sont proposées, à durée et franchise identiques (1 095 jours, franchise 30 jours).

Julien : arbitrage à budget constant sur un arrêt de 240 jours (indemnisation à partir de J31)
 Configuration A — IJ 100 €/j, exclusion dorso maintenue, barème fonctionnelConfiguration B — IJ 70 €/j, rachat dorso, barème professionnel
Jours indemnisésJ31 à J240 = 210 joursJ31 à J240 = 210 jours
Arrêt pour tendinopathie de l'épaule210 × 100 = 21 000 €210 × 70 = 14 700 €
Arrêt pour lombalgie invalidante0 € (exclusion)210 × 70 = 14 700 €
Séquelles définitives : 20 % fonctionnel / 55 % professionnelSous le seuil : 0 €/anRente déclenchée en barème professionnel
Versé par la CARPIMKO dans les deux cas55,44 €/j à partir de J91 ; rien en invalidité sous 66 % d'incapacité

Décompte en jours calendaires. La proratisation d'une rente d'invalidité entre le seuil et 66 % varie selon les contrats : vérifiez la formule exacte dans vos conditions générales.

Conclusion de Julien : la configuration A ne gagne que dans un seul scénario, celui de l'arrêt long non dorsal, pour 6 300 € de plus. Elle perd 14 700 € sur l'arrêt lombaire et laisse la rente d'invalidité à zéro sur des séquelles qui mettent pourtant fin à sa pratique manuelle. À budget égal, il choisit B. La règle qu'il en tire vaut pour tout le métier : on achète d'abord la certitude d'être indemnisé, ensuite le montant.

Quand un contrat d'entrée de gamme suffit

Il existe des situations où un gros contrat n'a pas de justification, et le dire fait partie du conseil.

  • Vous débutez à 30 000 € de BNC, sans charges fixes. Le forfait CARPIMKO couvre alors environ les deux tiers de votre revenu journalier et la CPAM la moitié avant J91. Un contrat ciblé sur l'invalidité, sans renfort d'IJ, est mieux calibré qu'une couverture complète.
  • Vous êtes salarié à temps partiel en plus de votre activité libérale. Le revenu salarié amortit l'arrêt : le besoin porte alors surtout sur l'invalidité et le décès.
  • Vous avez souscrit jeune, sans exclusion et à tarif figé. Ne relancez pas un questionnaire médical pour quelques euros : un antécédent lombaire déclaré depuis peut se transformer en exclusion nominative définitive.
  • Vous êtes en arrêt ou en cours d'expertise. Changer de contrat à ce moment revient à faire exclure la pathologie en cours par le nouvel assureur.

Le point de départ reste le même : chiffrez votre écart avec le simulateur d'IJ pré-réglé pour les kinés, puis comparez des configurations de garanties. Et ne confondez pas les deux budgets : la mutuelle rembourse des soins, la prévoyance remplace un revenu (mutuelle ou prévoyance).

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure prévoyance pour un kinésithérapeute libéral ?

Nous ne publions aucun classement d'assureurs. Le contrat pertinent pour un kiné est celui qui évalue l'invalidité en barème professionnel avec un seuil de déclenchement à 15 %, rachète les exclusions du rachis et des affections psychiques, et indemnise jusqu'au 1 095e jour. Le montant d'indemnité journalière n'arrive qu'en quatrième position : un kiné qui ne peut plus mobiliser perd son métier, bien au-delà de quelques semaines de facturation.

Combien coûte une prévoyance de masseur-kinésithérapeute ?

Entre 60 et 150 €/mois pour un profil de 30 à 40 ans avec indemnités journalières, invalidité et décès, et 150 à 200 €/mois pour une version sans exclusion des pathologies du dos. À cela s'ajoute la cotisation invalidité-décès CARPIMKO obligatoire de 1 022 €/an, soit 85,17 €/mois, qui ne donne droit à aucune indemnité journalière avant le 91e jour.

Faut-il passer par un courtier pour choisir sa prévoyance de kiné ?

Ce n'est pas obligatoire, mais un devis de prévoyance ne se compare pas sans les conditions générales, et celles-ci ne sont presque jamais publiées en ligne. La méthode consiste à figer la configuration voulue — barème professionnel, seuil 15 %, rachat dorso, durée 1 095 jours, franchise — puis à demander le prix de cette configuration. Le courtier est rémunéré par commission et doit vous le préciser par écrit avant la souscription.

Un kiné peut-il trouver un contrat sans exclusion des pathologies du dos ?

Oui, par un rachat d'exclusion explicite, qui place le contrat entre 150 et 200 €/mois. Vérifiez que le rachat ne conditionne pas l'indemnisation à une hospitalisation ou à une intervention chirurgicale, et qu'il ne raccourcit pas la durée d'indemnisation pour ces seules pathologies. En métier manuel, un antécédent lombaire déclaré peut aussi entraîner une exclusion nominative : mieux vaut souscrire tôt.

Que verse la CARPIMKO à un kiné en invalidité ?

10 080 €/an en invalidité partielle, soit 840 €/mois, à partir de 66 % d'incapacité et pas avant le 366e jour ; 20 160 €/an en invalidité totale. Un kiné qui conserve une capacité de travail théorique mais ne peut plus exercer sa technique manuelle ne touche donc rien de la caisse. C'est précisément ce que doit couvrir une rente d'invalidité en barème professionnel.

Vaut-il mieux augmenter l'indemnité journalière ou racheter l'exclusion dorso ?

Racheter l'exclusion, sans hésitation. Une IJ portée de 70 à 100 €/j rapporte 30 €/j supplémentaires sur les arrêts indemnisés ; une exclusion dorso maintenue ramène l'indemnisation à zéro sur le motif d'arrêt long le plus fréquent du métier. À budget constant, la hiérarchie est : rachat des exclusions, puis barème d'invalidité, puis durée, puis montant.

Un devis de kiné se juge sur trois lignes

Barème d'invalidité, seuil de déclenchement, exclusion du rachis : envoyez-nous vos propositions, nous vous disons ce que chacune verserait si vous ne pouviez plus mobiliser un patient.

Courtier indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004449. Nous ne publions aucun classement d'assureurs : nous lisons vos conditions générales, ligne par ligne.

Comparatifs des professions voisines

La méthode reste la même ; ce sont le barème de la caisse et la hiérarchie des exclusions qui changent.