Mutuelle santé TNS
Régime PAMC : la vraie caisse des praticiens et auxiliaires médicaux
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Publié le 1er septembre 2026 · Mis à jour le 30 septembre 2026
Si vous êtes médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme ou auxiliaire médical conventionné, vous ne relevez ni de la SSI ni du « régime des indépendants » : vous relevez du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC), géré par la CPAM de votre lieu d'exercice. Vos soins sont remboursés « selon les mêmes conditions et taux de remboursement que n'importe quel autre assuré » (service-public.fr, fiche F39739, 17 juin 2026). Ce qui change vraiment : des cotisations maladie largement payées par la CPAM en secteur 1, des indemnités journalières limitées à 90 jours, et une mutuelle qui reste à choisir — et à déduire — comme tout TNS.
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Le PAMC repose sur deux conditions cumulatives : exercer en libéral et être conventionné avec l'Assurance maladie. La fiche F39739 de service-public.fr (mise à jour du 17 juin 2026) liste précisément les professions concernées :
- médecins en secteur 1 (honoraires conventionnés) ;
- médecins en secteur 2 (honoraires libres) : ils peuvent opter pour le PAMC lors de leur première installation en libéral — la fiche précise « seulement lors de la première installation » ; ce choix vaut en principe pour toute la carrière, et le médecin de secteur 2 qui n'a pas exercé cette option relève du régime d'assurance maladie des travailleurs indépendants des professions libérales ;
- étudiants en médecine remplaçants ayant validé leur deuxième cycle ;
- chirurgiens-dentistes ;
- sages-femmes ;
- auxiliaires médicaux : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes et pédicures-podologues.
Le cas des pédicures-podologues. Ils ont rejoint le PAMC au 1er janvier 2025. Un droit de renonciation pouvait être exercé jusqu'au 31 juillet 2024 (source URSSAF) : un podologue qui a opté à temps est resté au régime des travailleurs indépendants ; tous les autres relèvent désormais du PAMC.
Trois organismes se partagent ensuite votre protection sociale :
| Profession (libérale) | Assurance maladie | Cotisations | Retraite, invalidité, décès |
|---|---|---|---|
| Médecin conventionné (secteur 1 ; secteur 2 ayant opté pour le PAMC) | PAMC — CPAM du lieu d'exercice | URSSAF | CARMF |
| Chirurgien-dentiste, sage-femme | PAMC — CPAM du lieu d'exercice | URSSAF | CARCDSF |
| Infirmier, kiné, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue | PAMC — CPAM du lieu d'exercice | URSSAF | CARPIMKO |
| Ostéopathe, psychologue (non conventionnés) | Régime des travailleurs indépendants | URSSAF (droit commun) | CIPAV |
À l'inverse, les ostéopathes et les psychologues, professions non conventionnées, ne relèvent pas du PAMC : régime maladie des travailleurs indépendants, cotisations URSSAF de droit commun, retraite CIPAV — et non CARPIMKO. Pour les chiropracteurs, la même logique s'applique vraisemblablement (profession non conventionnée), mais nous n'avons pas trouvé de source officielle qui le confirme expressément : nous préférons le signaler plutôt que l'affirmer.
PAMC ou SSI : un praticien conventionné ne relève pas de la SSI
Cherchez « mutuelle infirmière libérale » ou « sécurité sociale médecin libéral » : une partie des premiers résultats vous rattache au mauvais régime. Trois formulations relevées en août 2026 sur des sites de comparaison et d'assurance :
- Un site présente l'infirmier libéral comme « assujetti à la Sécurité sociale des indépendants, la SSI ». C'est inexact : une infirmière libérale conventionnée relève du PAMC, et son interlocuteur maladie est la CPAM de son lieu d'exercice.
- Un autre range « médecins, infirmiers » parmi les professions couvertes par la SSI. Faux par inclusion : ces professions, dès lors qu'elles sont conventionnées, sont précisément celles que le PAMC retire du régime des indépendants.
- Un troisième indique que ces professionnels « dépendent du régime des TNS », sans jamais mentionner le PAMC. Fiscalement et socialement, un praticien conventionné est un TNS — mais pour l'assurance maladie, la formulation est trompeuse : son régime est le PAMC, pas celui des artisans-commerçants.
Pourquoi c'est important, au-delà de l'étiquette : si vous croyez relever de la SSI, vous cherchez vos droits au mauvais endroit — mauvais guichet pour un arrêt de travail, mauvaise lecture de vos cotisations, et des pages entières de conseils qui ne s'appliquent pas à vous. La règle de tri : conventionné → PAMC (CPAM) ; non conventionné → régime des travailleurs indépendants.
Vos remboursements : identiques au régime général — forfait hospitalier compris
Le PAMC n'est pas un régime de remboursement au rabais, ni un régime privilégié : la fiche F39739 précise que les soins sont pris en charge « selon les mêmes conditions et taux de remboursement que n'importe quel autre assuré ». Même carte Vitale, même médecin traitant, même ticket modérateur, mêmes franchises. La conséquence pratique : le choix de votre mutuelle obéit aux mêmes critères que pour tout indépendant — il n'existe pas de « mutuelle spéciale PAMC », seulement des contrats plus ou moins adaptés à votre consommation de soins.
23 €/jour. C'est le forfait journalier hospitalier depuis le 1er mars 2026 (17 € en service psychiatrique), fixé par l'arrêté du 27 février 2026 — verbatim : « fixé à 23 euros ». Le forfait patient urgences passe lui aussi à 23 € (9,96 € en participation réduite). La grande majorité des sites, y compris de premiers résultats Google, affichent encore 20 € et 15 € : ces montants sont périmés. Ce forfait n'est jamais remboursé par l'Assurance maladie — PAMC ou pas — et un contrat responsable doit le couvrir sans limitation de durée.
Cotisations : ce que la CPAM paie à votre place en secteur 1
La vraie particularité financière du PAMC n'est pas dans les remboursements, elle est dans les cotisations. En contrepartie du conventionnement, l'Assurance maladie prend en charge l'essentiel de votre cotisation maladie sur les revenus conventionnés — c'est l'« avantage social » du secteur 1 (et des praticiens adhérents à l'Optam).
| Cotisation | Taux | Qui paie |
|---|---|---|
| Maladie — revenus conventionnés (secteur 1) | ≈ 6,50 %, dont ≈ 6,40 points pris en charge par la CPAM | ≈ 0,10 % restant à votre charge |
| Maladie — dépassements d'honoraires et actes hors convention | 3,25 % à 9,75 % selon les revenus | Vous, sans aucune prise en charge |
| Contribution aux indemnités journalières | 0,30 % | Vous |
| CURPS (unions régionales des professionnels de santé) | 0,10 %, plafonnée à 240 € | Vous |
| CFP (formation professionnelle) | 120 € forfaitaires | Vous |
Transparence sur ce barème. Ces taux sont repris de sources comptables spécialisées qui citent l'URSSAF : la page officielle des taux PAM était inaccessible au moment de notre vérification (31 août 2026), et nous n'avons donc pas pu en reproduire le verbatim. La structure — prise en charge quasi intégrale de la cotisation maladie sur les revenus conventionnés du secteur 1, aucune prise en charge sur les dépassements — est en revanche constante et confirmée par la fiche F39739. Nous mettrons cette page à jour dès que le barème officiel sera de nouveau consultable.
La lecture stratégique : un médecin de secteur 2 affilié au régime des indépendants, ou un praticien fortement en dépassements, paie sa cotisation maladie plein pot — jusqu'à 9,75 % — là où son confrère de secteur 1 est presque intégralement subventionné. C'est l'un des paramètres, rarement chiffré, de l'arbitrage secteur 1 / secteur 2.
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Indemnités journalières : 90 jours maximum, puis le trou du 91e jour
Depuis 2021, le PAMC verse des indemnités journalières en cas d'arrêt de travail — c'est la contribution de 0,30 % du tableau ci-dessus qui les finance. Mais le dispositif est borné des deux côtés : 3 jours de carence, et 90 jours d'arrêt maximum — soit 87 jours effectivement indemnisés. Au 91e jour, la CPAM s'arrête, et c'est votre caisse de retraite professionnelle (CARMF, CARCDSF, CARPIMKO) qui prend — ou ne prend pas — le relais, selon des règles propres à chaque caisse.
Ce basculement du 91e jour est le vrai risque financier d'un praticien libéral, très loin devant le ticket modérateur d'une consultation. Nous lui consacrons une page entière, avec le schéma complet CPAM → caisse, montants 2026 à l'appui : l'arrêt de travail des professions libérales et le trou du 91e jour.
Votre mutuelle : libre, et déductible Madelin
Être au PAMC ne change rien au choix de la complémentaire santé — les remboursements de base étant identiques au régime général, les critères de choix le sont aussi. En revanche, votre statut de TNS ouvre la déduction Madelin (article 154 bis du CGI) : vos cotisations de mutuelle sont déductibles du bénéfice imposable dans la limite de 3,75 % du bénéfice + 7 % du PASS (3 364,20 € en 2026), le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit 11 534,40 € en 2026. Deux conditions : être au régime réel (pas en micro-BNC), et souscrire un contrat responsable au sens de l'article L. 871-1 du code de la sécurité sociale — ce qui exclut notamment la plupart des contrats hospitalisation seule et les surcomplémentaires non responsables.
L'exemple d'Inès. Inès, 34 ans, infirmière libérale à Nantes, dégage un bénéfice de 45 000 €. Son plafond Madelin santé-prévoyance 2026 : 45 000 × 3,75 % = 1 687,50 €, plus le forfait de 3 364,20 € (7 % du PASS), soit 5 051,70 €. Sa mutuelle responsable à 75 €/mois (900 €/an) y tient très largement — il reste même 4 151,70 € de plafond pour sa prévoyance. À une tranche marginale de 30 %, la déduction des 900 € lui rend environ 270 € d'impôt par an. Le détail du calcul et les pièges du plafond sont sur notre page mutuelle Madelin.
Ce que le PAMC couvre bien — et ce qu'il ne faut pas lui demander
Sur les soins courants, le PAMC fait le travail. Remboursements identiques au régime général, cotisation maladie quasi intégralement prise en charge en secteur 1 : un praticien conventionné jeune et en bonne santé n'a aucune raison de sur-assurer le petit risque. Une complémentaire de niveau intermédiaire — voire, dans certains profils, une couverture centrée sur l'hospitalisation — suffit souvent ; notre page hospitalisation seule détaille ce raisonnement, réserve fiscale comprise.
Les deux vraies limites sont ailleurs :
- L'arrêt long. 90 jours d'IJ maximum, puis un relais de caisse professionnelle inégal : la CARMF, la CARCDSF et la CARPIMKO versent dès le 91e jour, mais des montants très différents — de 49,70 € par jour pour une sage-femme à 197,51 € pour un médecin de la classe la plus élevée. C'est le premier trou à chiffrer, avant toute considération de mutuelle.
- Le secteur 2 hors PAMC. Le médecin de secteur 2 qui n'a pas opté pour le PAMC à sa première installation paie sa cotisation maladie sans prise en charge, et une partie des repères de cette page ne s'applique pas à lui. L'option se calcule avant l'installation : elle ne se rattrape pas ensuite.
Questions fréquentes
Une infirmière libérale dépend-elle de la SSI ?
Non. Une infirmière libérale conventionnée relève du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) : son assurance maladie est gérée par la CPAM de son lieu d'exercice, ses cotisations sont recouvrées par l'URSSAF et sa retraite comme son invalidité-décès relèvent de la CARPIMKO. Plusieurs pages en ligne la rattachent à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) : c'est inexact. La SSI concerne les artisans, commerçants et une partie des professions libérales non conventionnées, pas les auxiliaires médicaux conventionnés.
Un médecin en secteur 2 relève-t-il du PAMC ?
S'il l'a choisi lors de sa première installation. Selon la fiche F39739, le médecin de secteur 2 (honoraires libres) peut opter pour le PAMC à ce moment-là, et seulement à ce moment-là ; ce choix vaut en principe pour toute la carrière. À défaut d'option, il relève du régime d'assurance maladie des travailleurs indépendants des professions libérales : il ne « bascule » pas d'un régime à l'autre par la suite. Les médecins en secteur 1 relèvent du PAMC sans cette restriction. La retraite, elle, reste dans les deux cas à la CARMF.
Ostéopathe ou psychologue : PAMC ou pas ?
Non. Le PAMC exige deux conditions cumulatives : exercer en libéral et être conventionné avec l'Assurance maladie. Les ostéopathes et les psychologues, professions non conventionnées, relèvent du régime d'assurance maladie des travailleurs indépendants, avec des cotisations URSSAF de droit commun, et leur retraite est gérée par la CIPAV — pas par la CARPIMKO. Pour les chiropracteurs, la logique est vraisemblablement la même, mais nous n'avons pas trouvé de source officielle qui le confirme explicitement : vérifiez auprès de l'URSSAF avant de vous installer.
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Le PAMC vous indemnise 90 jours d'arrêt, pas un de plus. Ce que verse ensuite votre caisse, ou non, est le point clé de votre protection sociale.
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Sources
- service-public.fr, fiche F39739 (mise à jour du 17 juin 2026) — professions relevant du PAMC (médecins secteur 1 et secteur 2 ayant opté à leur première installation, étudiants remplaçants, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, auxiliaires médicaux), condition d'exercice libéral conventionné, remboursement « selon les mêmes conditions et taux de remboursement que n'importe quel autre assuré » — consulté en août 2026.
- ameli.fr — protection sociale des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés : gestion par la CPAM du lieu d'exercice, indemnités journalières (carence de 3 jours, 90 jours maximum) ; forfait journalier hospitalier à 23 € et 17 € (page mise à jour le 2 mars 2026) — consulté en août 2026.
- Arrêté du 27 février 2026 (JORF) — forfait journalier hospitalier « fixé à 23 euros » (17 € en psychiatrie) à compter du 1er mars 2026 — consulté en août 2026.
- URSSAF — cotisations des praticiens et auxiliaires médicaux (contribution IJ 0,30 %, CURPS 0,10 % plafonnée à 240 €, CFP 120 €) et rattachement des pédicures-podologues au PAMC au 1er janvier 2025 (droit de renonciation jusqu'au 31 juillet 2024). La page officielle des taux PAM était inaccessible au moment de la vérification : le barème maladie détaillé (≈ 6,50 % dont ≈ 6,40 points pris en charge en secteur 1 ; 3,25 % à 9,75 % sur les dépassements) est repris de sources comptables citant l'URSSAF — consulté en août 2026.
- CGI, article 154 bis — déduction Madelin des cotisations de complémentaire santé des TNS : 3,75 % du bénéfice + 7 % du PASS, plafond de 3 % de 8 PASS ; condition de contrat responsable (renvoi à l'article L. 871-1 du code de la sécurité sociale) — consulté en août 2026.