Prévoyance pharmacien : zéro indemnité de la CAVP, et l'emprunt qui court

La CAVP ne verse aucune indemnité journalière. Un pharmacien titulaire en arrêt perçoit uniquement le socle CPAM des libéraux — 109,59 €/jour pour 80 000 € de revenu (1/730e, entre 26,33 et 197,51 €), du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés. Au 91e jour : 0 €, jusqu'à une éventuelle invalidité (16 872 €/an). Pendant ce temps, l'emprunt d'officine — couramment 500 000 € à 1,5 million d'euros — continue de s'amortir mois après mois.

J1 – J30 € (carence)
J4 – J90109,59 €/j (revenu 80 000 €)
J91 et après0 €, sans limite de durée

Ce que verse — et surtout ne verse pas — la CAVP

Depuis le 1er juillet 2021, toutes les sections de la CNAVPL, CAVP comprise, ouvrent droit au socle d'IJ de la CPAM sur les 90 premiers jours. Ensuite, chaque caisse décide. La CARMF prend le relais, la CAVEC aussi. La CAVP, comme la CIPAV, n'a jamais créé de dispositif d'indemnités journalières.

Arrêt de travail d'un pharmacien titulaire (CAVP) — barèmes 2026, revenu de référence 80 000 €/an
PériodeQui verse ?MontantPart du revenu (219,18 €/j)
Jours 1 à 3 Personne (carence) 0 € 0 %
Jours 4 à 90 (87 jours) CPAM — socle CNAVPL 80 000 ÷ 730 = 109,59 €/j (bornes 26,33 à 197,51 €/j) 50 %
Jour 91 et au-delà Personne — la CAVP n'a aucune IJ 0 €, sans limite de durée 0 %
Invalidité CAVP Allocation 16 872 €/an + 16 872 €/an par enfant + 8 436 €/an pour le conjoint 21 % (1 406 €/mois)
Décès CAVP Capital 25 308 € + allocation conjoint 16 872 €/an + 16 872 €/an par enfant

Cotisation du régime invalidité-décès CAVP 2026 : 696 €/an, forfaitaire. Les 87 jours d'IJ CPAM s'inscrivent dans un maximum de 360 IJ sur 3 ans.

Le chiffre clé

25 308 €. C'est le capital décès de la CAVP. Face à un emprunt d'officine de 500 000 €, il en couvre 5,1 % ; face à 1,5 million d'euros, 1,7 %. Autrement dit : la caisse ne protège pas la reprise du fonds, elle finance à peine les obsèques et quelques mois de charges.

La spécificité qui change tout : l'emprunt d'officine

Un titulaire ne rachète pas un cabinet, il rachète un fonds de commerce. Les prix de cession des officines se comptent en centaines de milliers d'euros et l'endettement associé va couramment de 500 000 € à 1,5 million d'euros, sur douze à quinze ans. Trois conséquences que la plupart des simulateurs de prévoyance ignorent :

  • L'échéance ne s'interrompt pas. Le prélèvement bancaire tombe le même jour, du même montant, que l'officine tourne ou non. L'assurance emprunteur du prêt professionnel peut prendre le relais, mais après sa propre franchise — souvent 90 jours — et dans les limites de son contrat groupe, avec les exclusions habituelles sur les pathologies du dos et les affections psychiques. Il faut lire ce contrat avant de dimensionner la prévoyance : c'est la première chose que nous demandons à un pharmacien.
  • L'officine ne peut pas fermer. Le Code de la santé publique impose la présence d'un pharmacien diplômé ; en cas d'arrêt long du titulaire, un gérant intérimaire doit être rémunéré. C'est un coût supplémentaire, qui relève de la garantie frais généraux.
  • En cas de décès, la banque se retourne sur le fonds. Avec 25 308 € de capital CAVP, les héritiers vendent souvent dans l'urgence, donc mal. Quand l'officine est exploitée en société d'exercice libéral, une assurance homme clé souscrite par la société permet de financer la transition, la reprise ou le rachat des parts sans brader l'outil.

Exemple chiffré : Hélène, 44 ans, titulaire à Angers, 85 000 € de revenu

Hélène a repris son officine il y a six ans. Revenu : 85 000 €/an, soit 232,88 €/jour calendaire (85 000 ÷ 365). Échéance mensuelle du prêt de reprise : 4 500 €. Un cancer du sein, traitement complet, l'arrête 9 mois (270 jours).

Arrêt de 9 mois d'Hélène (pharmacienne titulaire, 85 000 €/an) : indemnisation et échéances
PériodeIndemnité journalièreTotal perçu
J1 – J3 (carence)0 €/j0 €
J4 – J90 (87 jours)85 000 ÷ 730 = 116,44 €/j87 × 116,44 = 10 130,28 €
J91 – J270 (180 jours)0 €/j0 €
Échéances d'emprunt sur 9 mois4 500 €/mois− 40 500 €

Revenu non réalisé : 85 000 × 9/12 = 63 750 €. Perçu : 10 130,28 €, soit 15,9 % du revenu. Les 10 130,28 € couvrent 25,0 % des seules échéances de l'emprunt (40 500 €) — avant même de parler de vivre, de payer l'URSSAF et les 696 € de cotisation CAVP.

Le trou de revenu d'Hélène atteint 53 619,72 € sur ces neuf mois. Et si la maladie laissait des séquelles ouvrant droit à l'allocation d'invalidité de la CAVP, elle percevrait 16 872 €/an, soit 1 406 €/mois : 19,9 % de son revenu habituel, pour une échéance de prêt de 4 500 €.

Votre situation, chiffrée. Le simulateur applique le socle CPAM à votre revenu réel et montre le décrochage au 91e jour : calculer mes indemnités journalières de pharmacien. Pour l'impact sur votre budget familial, le reste à vivre en arrêt intègre les charges fixes.

Combien coûte une prévoyance de pharmacien titulaire ?

Repère public pour un libéral de santé à revenu élevé en couverture complète — IJ de 350 €/j dès le 30e jour, rente d'invalidité, capital décès de 350 000 € : 200 à 280 €/mois à 40 ans. Les paramètres qui font bouger ce tarif (âge, revenu assuré, franchise, options) sont détaillés sur prix d'une prévoyance. Pour un titulaire, la construction du contrat obéit à trois règles simples :

  • Deux enveloppes distinctes. Les IJ couvrent votre revenu, la garantie frais généraux couvre les charges de l'officine. Les confondre conduit soit à sous-assurer, soit à payer deux fois la même chose.
  • Une franchise 30 jours. Puisque la CAVP ne prend jamais le relais, le contrat doit couvrir toute la durée de l'arrêt, dès les premières semaines. Le choix de la franchise est expliqué dans franchise et délai de carence.
  • Un mode d'indemnisation clair. Forfaitaire ou indemnitaire : la distinction change ce que vous touchez réellement en cumul avec les IJ CPAM. Voir forfaitaire ou indemnitaire.

Les cotisations sont déductibles du revenu professionnel via la loi Madelin, dans l'enveloppe commune avec la complémentaire santé — conditions détaillées sur profession libérale et plafond de déduction Madelin.

Le cas où l'on peut se contenter du minimum

Il existe, et il est plus fréquent qu'on ne le dit dans la profession : le titulaire de 58 ans dont l'emprunt est soldé, dont les enfants sont autonomes, qui exerce à deux associés capables de se suppléer et qui dispose d'un patrimoine constitué. Pour lui, payer 250 €/mois d'indemnités journalières sur un arrêt qu'il peut absorber financièrement n'a pas de sens : une garantie invalidité ciblée suffit, éventuellement adossée à la couverture décès de la CAVP qui, additionnée aux allocations conjoint et enfants, n'est pas nulle.

Le raisonnement s'inverse totalement pour un titulaire installé depuis moins de dix ans. Avec 40 500 € d'échéances sur neuf mois d'arrêt contre 10 130,28 € d'indemnités, l'exposition dépasse les 50 000 € au premier arrêt sérieux — pour une prime annuelle de l'ordre de 3 000 €. L'enjeu dépasse l'arbitrage de confort : c'est la protection de l'actif qui garantit le prêt. Enfin, si votre interrogation portait sur le remboursement de vos frais de santé, il s'agit d'un autre contrat : mutuelle ou prévoyance, la différence.

Questions fréquentes

La CAVP verse-t-elle des indemnités journalières aux pharmaciens ?

Non, aucune. La CAVP n'a jamais créé de dispositif d'IJ. Un titulaire en arrêt ne perçoit que le socle CPAM des libéraux, du 4e au 90e jour (87 jours indemnisés au maximum). Dès le 91e jour, plus rien jusqu'à une éventuelle invalidité. Avec la CIPAV, la CAVP est l'une des deux seules grandes caisses libérales dans ce cas.

Que touche un pharmacien titulaire en arrêt maladie ?

0 € pendant 3 jours de carence, puis 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années du 4e au 90e jour, entre 26,33 et 197,51 €/j. Pour 80 000 € de revenu : 109,59 €/j, soit exactement 50 % du revenu journalier de 219,18 €. À partir du 91e jour : 0 €.

Que verse la CAVP en cas d'invalidité ou de décès ?

Invalidité : 16 872 €/an, majorée de 16 872 €/an par enfant et de 8 436 €/an pour le conjoint. Décès : capital de 25 308 €, allocation conjoint de 16 872 €/an et 16 872 €/an par enfant. Cotisation du régime invalidité-décès : 696 €/an en 2026.

Que devient l'emprunt de l'officine pendant un arrêt de travail ?

Il continue de courir. L'assurance emprunteur du prêt professionnel n'intervient qu'après sa propre franchise — souvent 90 jours — et dans les limites du contrat groupe, exclusions dos et psy comprises. Pour 4 500 €/mois d'échéance, neuf mois d'arrêt représentent 40 500 €, contre 10 130,28 € d'IJ CPAM pour un revenu de 85 000 €. Vérifiez les conditions exactes de la couverture du prêt avant de dimensionner votre prévoyance.

Faut-il une garantie frais généraux en plus des IJ ?

Le plus souvent oui. Les IJ remplacent votre revenu ; les frais généraux remboursent les charges fixes de l'officine — loyer commercial, salaires de l'équipe, assurance, gérant intérimaire imposé par le Code de la santé publique, et selon les contrats les échéances d'emprunt. Deux garanties, deux assiettes : une officine ne peut pas fermer.

Un pharmacien adjoint est-il concerné par la CAVP ?

Non. La CAVP couvre les titulaires d'officine et les biologistes libéraux. L'adjoint est salarié : régime général, IJSS et prévoyance collective de branche. Le titulaire, lui, reste concerné même lorsqu'il exerce au travers d'une société d'exercice libéral.

Pour passer du barème au choix du contrat : Comparatif : quelle prévoyance choisir quand on est titulaire d'officine.

0 € au 91e jour, 4 500 € d'échéance : faites le calcul

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Sources