CAVP : pharmacien, aucune IJ après le 90e jour
La CAVP ne verse aucune indemnité journalière en propre. En arrêt de travail, un pharmacien titulaire perçoit uniquement les IJ de la CPAM — 26,33 à 197,51 €/jour, du 4e au 90e jour — puis plus rien à partir du 91e jour, jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité (allocation de 16 872 €/an en 2026). C'est le même trou de couverture que la CIPAV, en beaucoup moins connu. Et pendant ce temps, l'emprunt d'officine continue de se rembourser chaque mois.
Qui dépend de la CAVP ?
La CAVP (Caisse d'assurance vieillesse des pharmaciens) couvre les pharmaciens titulaires d'officine et les biologistes libéraux. Sa cotisation prévoyance 2026 — 696 €/an, forfaitaire — ne finance que deux garanties : une allocation d'invalidité et un capital décès. Aucune indemnité journalière. Tout le monde connaît le cas de la CIPAV, régulièrement dénoncé ; presque personne ne sait que la CAVP fonctionne exactement pareil. Un titulaire d'officine, avec des salariés, un stock et un prêt à sept chiffres, est pourtant bien plus exposé qu'un consultant CIPAV.
La chronologie d'un arrêt de travail à la CAVP
| Garantie | Déclenchement | Montant | Durée |
|---|---|---|---|
| IJ CPAM (socle commun) | Du 4e au 90e jour (carence 3 jours) | 1/730e du revenu moyen 3 ans : 26,33 à 197,51 €/j | 87 jours max par arrêt, 360 IJ sur 3 ans |
| IJ CAVP | Jamais | 0 € — la caisse n'a aucun dispositif d'IJ | — |
| Allocation d'invalidité | Invalidité reconnue par la caisse | 16 872 €/an + 16 872 €/an par enfant à charge + 8 436 €/an pour le conjoint | Tant que dure l'invalidité |
| Capital décès | Décès de l'affilié | 25 308 € + allocation conjoint 16 872 €/an + 16 872 €/an par enfant | Capital en une fois, allocations annuelles |
| Cotisation annuelle | — | 696 € (invalidité-décès, forfaitaire) | — |
L'absence totale d'IJ CAVP après le 90e jour est confirmée par la caisse elle-même et par des sources tierces (Philtr, 2026). Entre la fin des IJ CPAM et une éventuelle reconnaissance d'invalidité, le revenu de remplacement est strictement nul.
0 €. C'est ce que verse la CAVP au pharmacien en arrêt de travail, du premier au dernier jour. Le socle CPAM s'arrête au 90e jour ; ensuite, plus aucun revenu de remplacement — pendant que l'officine, elle, continue de coûter.
Exemple : Claire, pharmacienne titulaire, 85 000 € — et 4 500 €/mois d'emprunt
Claire, 47 ans, titulaire d'une officine, dégage 85 000 €/an, soit 232,88 €/jour (85 000 ÷ 365). Elle rembourse 4 500 €/mois au titre du prêt d'acquisition de son officine. Un cancer du sein l'arrête 8 mois (environ 240 jours). Son IJ CPAM vaut 85 000 ÷ 730 = 116,44 €/jour.
| Période | Indemnisation | Perçu sur la période | Échéances d'emprunt dues |
|---|---|---|---|
| J1 – J3 (carence) | 0 €/j | 0 € | 8 mois × 4 500 € = 36 000 €, arrêt ou pas |
| J4 – J90 (87 jours) | 116,44 €/j (CPAM) | 87 × 116,44 = 10 130,28 € | |
| J91 – J240 (150 jours) | 0 €/j (CAVP : rien) | 0 € |
Bilan : 10 130,28 € perçus pour environ 56 666,67 € de revenu non réalisé (85 000 × 8 ÷ 12), soit 18 % de couverture — quand les seules échéances d'emprunt absorbent déjà 36 000 €. Salaires des préparateurs, loyer et charges de l'officine s'y ajoutent.
Le cas de Claire illustre la spécificité pharmacien : le problème n'est pas seulement le revenu du foyer, c'est la survie économique de l'outil de travail. Une officine achetée à crédit est une petite entreprise : si la titulaire s'arrête 8 mois, il faut à la fois remplacer son revenu, payer un pharmacien remplaçant et honorer les échéances. L'assurance emprunteur du prêt ne règle pas tout : ses franchises (souvent 90 jours) et ses définitions d'invalidité sont fréquemment plus restrictives que celles d'une vraie prévoyance.
Les trois couvertures à examiner en priorité
- Des IJ complémentaires dès le 4e, 15e ou 31e jour, calibrées sur le revenu réel — et surtout au-delà du 90e jour, là où le régime obligatoire tombe à zéro.
- Une garantie frais généraux : elle rembourse les charges fixes de l'officine (salaires, loyer, échéances d'emprunt) pendant l'arrêt du titulaire. Pour une structure endettée, c'est souvent la garantie la plus rentable au euro cotisé.
- Une couverture décès à hauteur de l'emprunt et du foyer : le capital CAVP de 25 308 € et les allocations (16 872 €/an conjoint et par enfant) sont réels mais sans rapport avec un prêt d'officine. Si des associés ou un co-titulaire sont impliqués, la logique homme clé ou garantie croisée entre associés complète le dispositif.
Contre-discours : quand le régime CAVP peut suffire
Soyons précis plutôt qu'alarmistes. Un pharmacien sans emprunt — officine remboursée, ou biologiste associé d'une structure sans dette personnelle — avec 12 à 18 mois de trésorerie devant lui, peut absorber un arrêt long sans contrat d'IJ : dans ce cas, le sujet prioritaire n'est pas l'arrêt de travail mais l'invalidité durable, la moins chère à assurer. De même, l'allocation invalidité CAVP majorée (16 872 € + 16 872 €/enfant + 8 436 € conjoint, soit 58 000 €/an pour un foyer avec deux enfants) est plus consistante qu'il n'y paraît pour les familles nombreuses. Le vrai danger concerne le titulaire endetté de fraîche date : c'est lui qui cumule revenu à remplacer, charges fixes et échéances — et c'est précisément lui qui est le moins couvert. Pour situer la CAVP parmi les dix régimes, consultez le baromètre IJ toutes caisses ; pour vos chiffres exacts, le simulateur d'IJ applique votre revenu réel.
Questions fréquentes
La CAVP verse-t-elle des indemnités journalières ?
Non. La CAVP ne verse aucune IJ en propre. Comme la CIPAV, elle ne prend pas le relais de la CPAM : après le 90e jour d'arrêt, un pharmacien ne perçoit plus rien jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité. Ce trou de couverture est souvent méconnu des pharmaciens.
Que touche un pharmacien en arrêt maladie ?
Uniquement les IJ de la CPAM (socle commun des libéraux) : 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, retenu dans la limite de 3 PASS (144 180 €), soit entre 26,33 et 197,51 €/j, du 4e au 90e jour, après 3 jours de carence. À partir du 91e jour : 0 €.
Quelle pension d'invalidité verse la CAVP ?
Une allocation de 16 872 €/an en 2026, majorée de 16 872 €/an par enfant à charge et de 8 436 €/an pour le conjoint. Pour un titulaire à 85 000 € de revenu, l'allocation de base représente environ 20 % du revenu antérieur.
Quel capital décès verse la CAVP ?
25 308 € en 2026, complétés par une allocation annuelle de 16 872 € pour le conjoint survivant et de 16 872 € par enfant à charge. Des allocations réelles — mais le capital seul ne couvre pas un emprunt d'officine.
Que devient l'emprunt d'officine pendant un arrêt ?
Les échéances continuent de courir, arrêt ou pas. L'assurance emprunteur ne couvre que ce qui est prévu au contrat — souvent avec 90 jours de franchise et un barème d'invalidité restrictif. Une garantie frais généraux et des IJ complémentaires prennent en charge les charges fixes de l'officine pendant l'arrêt du titulaire.
Combien coûte la prévoyance obligatoire CAVP ?
696 €/an en 2026 (cotisation invalidité-décès forfaitaire). Cette cotisation ne finance aucune indemnité journalière : uniquement l'invalidité et le décès.
Titulaire d'officine : chiffrez ce qui reste après le 90e jour
Entrez votre revenu et vos charges : le simulateur affiche vos IJ CPAM au centime près — et le zéro qui suit.
Calculer mes indemnités Parler à un courtierSources
- cavp.fr — Problèmes de santé durant votre activité — consulté en août 2026.
- cavp.fr — Vos cotisations — consulté en août 2026.
- Philtr — Le régime obligatoire CAVP — consulté en août 2026.
- ameli.fr — Arrêt maladie des professions libérales — consulté en août 2026.
- Previssima — IJ des professions libérales — consulté en août 2026.