Meilleure prévoyance pour un restaurateur ou un commerçant : deux garanties bien distinctes

Un commerçant ou un restaurateur affilié à la SSI perçoit 65,84 € par jour au maximum, après une carence de 3 à 7 jours. Ce qui distingue son besoin de celui d'un consultant, c'est le local : loyer commercial, salaires, crédit-bail sur les équipements, échéance du fonds. Deux garanties distinctes sont nécessaires — le complément de revenu, et les frais généraux permanents — et c'est la seconde qui décide de la survie du commerce.

Ce que verse la SSI, et l'écart avec un commerce en activité

L'indemnité journalière de la SSI correspond à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, plafonné au plafond annuel de la sécurité sociale. Elle est donc proportionnelle au revenu, dans une limite basse.

Indemnités journalières de la SSI en 2026
ParamètreValeur
Déclenchement4e jour, après 3 à 7 jours de carence selon le motif
Montant maximal65,84 € par jour
Indemnité nulle si le revenu annuel moyen est inférieur à4 582 €
Durée360 jours indemnisés sur 3 ans, jusqu'à 3 ans en affection de longue durée
Capital décès en activité9 612 €, soit 20 % du plafond annuel

Le chiffre clé 65,84 € par jour représentent environ 1 975 € par mois. Un restaurant qui supporte 2 400 € de loyer commercial, 9 000 € de salaires et 3 393 € d'échéance de reprise de fonds voit ces 14 793 € de charges mensuelles continuer intégralement pendant l'arrêt de son patron. Les indemnités journalières en couvrent 13 %.

Pourquoi les frais généraux passent avant le complément de revenu

C'est la différence de fond entre un commerçant et un professionnel libéral sans structure. Le libéral qui s'arrête perd son revenu ; le commerçant qui s'arrête perd son revenu et continue de payer un local, une équipe et des équipements financés. Sans compter que son absence fait souvent chuter le chiffre d'affaires — un chef en cuisine ou un commerçant derrière son comptoir n'est pas remplaçable du jour au lendemain.

La garantie frais généraux permanents prend en charge ces charges fixes. Elle est indemnitaire : l'assureur rembourse les charges réellement engagées, sur justificatifs ou sur la base de la dernière liasse fiscale, dans la limite du montant souscrit. Sur-assurer ne sert donc à rien, et sous-assurer laisse un découvert que rien ne comble. Le détail figure sur notre page garantie frais généraux.

Deux garanties souvent confondues. Les frais généraux permanents couvrent les charges qui continuent : loyer, salaires, assurances, abonnements. Les frais supplémentaires d'exploitation couvrent les charges nouvelles engendrées par votre absence : recrutement d'un remplaçant, heures supplémentaires, recours à un prestataire extérieur. En restauration, les deux sont pertinentes, et elles se souscrivent séparément.

Les critères qui départagent les contrats de commerçant

Le plafond de frais généraux assurable

Certains contrats plafonnent la garantie à un montant fixe ou à un multiple de l'indemnité journalière, ce qui devient insuffisant dès que le commerce emploie plusieurs personnes. Vérifier le plafond en valeur absolue, et le comparer au total de vos charges fixes annuelles, est le premier point.

Le traitement des accidents et des risques du métier

Brûlures, coupures, chutes, port de charges : la restauration et le commerce alimentaire concentrent un risque accidentel réel. Un contrat qui majore fortement la prime ou exclut certains sinistres liés à l'activité perd son intérêt.

Les exclusions dorso-psy, décisives ici

La station debout prolongée, les gestes répétés et la charge mentale d'un commerce ouvert six jours sur sept placent les lombalgies et l'épuisement professionnel en tête des motifs d'arrêt long. Un contrat qui subordonne le dos à une hospitalisation écarte l'essentiel du risque.

La cohérence avec la déductibilité Madelin

Les cotisations de prévoyance sont déductibles dans le cadre de la loi Madelin, à hauteur de 3,75 % du bénéfice plus 7 % du plafond annuel de la sécurité sociale, dans une limite de 11 534,40 €. La garantie frais généraux, elle, ne s'impute pas sur cette enveloppe : elle est déductible en charge d'exploitation. C'est un argument fiscal souvent ignoré, qui permet de couvrir le commerce sans consommer le plafond réservé à la couverture personnelle. Voir prévoyance Madelin.

Exemple : Nadia, 43 ans, gérante d'une boulangerie à Tours

Nadia déclare 30 000 € de revenu. Sa boulangerie emploie deux personnes, supporte 1 900 € de loyer mensuel et une échéance de 1 100 € sur le four et le pétrin financés en crédit-bail. Une tendinopathie de l'épaule l'arrête cinq mois.

  • Indemnités SSI : son revenu annuel moyen de 30 000 € donne environ 41 € par jour, soit près de 6 150 € sur cinq mois.
  • Charges qui continuent : loyer 9 500 €, salaires environ 22 000 €, crédit-bail 5 500 €. Soit 37 000 € sur la période.
  • Ce que la SSI couvre : 17 % des charges, et rien pour vivre.
  • Avec les deux garanties : un complément d'indemnité journalière portant son revenu à 80 %, plus une garantie frais généraux dimensionnée sur 90 000 € de charges annuelles.

Le coût des deux garanties réunies reste inférieur à ce qu'une seule mensualité de charges représente. C'est l'arbitrage le plus rentable du commerce de proximité, et le plus rarement fait.

Prix 2026 : les fourchettes relevées

Pour un commerçant de la restauration autour de 40 ans, les fourchettes publiques s'établissent entre 75 € et 120 € par mois, avec une formule de base arrêt et invalidité autour de 80 € par mois et une moyenne de marché proche de 85 €. La garantie frais généraux s'ajoute, généralement pour 15 % à 25 % de la prime de prévoyance.

Trois erreurs fréquentes chez les commerçants

  • Assurer son revenu et oublier le local. C'est l'erreur dominante. Le revenu personnel est le plus petit des deux enjeux.
  • Sur-assurer les frais généraux. La garantie étant indemnitaire, vous ne serez jamais remboursé au-delà de vos charges réelles. Le montant se calcule sur la liasse fiscale, ligne par ligne.
  • Négliger le régime des salariés. La convention HCR rend la prévoyance obligatoire pour les non-cadres, à 0,86 % du salaire de référence. Voir prévoyance collective en restauration.

Quand une couverture minimale suffit

Un commerçant sans salarié, exerçant à domicile ou sur les marchés, sans local fixe ni matériel financé, n'a pas besoin de garantie frais généraux : ses charges fixes sont marginales. Un couple de commerçants dont l'un peut assurer seul la continuité de l'exploitation pendant quelques mois a aussi une exposition plus faible. Et un commerçant proche de la cession, avec un fonds désendetté, n'a pas le même besoin qu'un repreneur endetté sur sept ans. Dans ces trois cas, le complément d'indemnité journalière seul est un choix cohérent.

Sur quoi se joue vraiment le choix d'un contrat de commerçant

Le local change la nature du problème. Trois points décident, et le premier n'a rien à voir avec le revenu personnel.

  • Le plafond de frais généraux, comparé à vos charges réelles. Loyer commercial, salaires, crédit-bail, échéance du fonds : le total annuel se lit sur la liasse fiscale, et le contrat doit pouvoir l'absorber. Voir garantie frais généraux.
  • Le dos et l'épuisement, sans clause restrictive. Station debout, gestes répétés, six jours d'ouverture par semaine : ce sont les deux premiers motifs d'arrêt long du commerce de proximité. Voir exclusions dos et psy.
  • La distinction entre forfaitaire et indemnitaire. Le complément de revenu peut être forfaitaire ; les frais généraux sont indemnitaires par nature. Confondre les deux conduit à sur-cotiser sans être mieux indemnisé. Voir forfaitaire ou indemnitaire.

Nous sommes courtier, immatriculé à l'ORIAS. Le choix retenu vous est motivé par écrit avant toute souscription, conformément à l'article L.521-2 du code des assurances. La grille complète se trouve sur notre page de comparaison.

Comparatifs des professions voisines

La méthode reste la même ; ce sont le barème de la caisse et la hiérarchie des exclusions qui changent.

Questions fréquentes

Combien la SSI verse-t-elle à un commerçant en arrêt ?

L'indemnité correspond à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, plafonnée à 65,84 € par jour en 2026, après une carence de 3 à 7 jours selon le motif. Elle est nulle si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €. La durée est de 360 jours indemnisés sur trois ans, jusqu'à trois ans en affection de longue durée.

Faut-il assurer les charges du commerce séparément ?

Oui, c'est une garantie distincte appelée frais généraux permanents. Elle prend en charge le loyer commercial, les salaires, les assurances et les abonnements qui continuent pendant votre arrêt. Elle est indemnitaire : l'assureur rembourse les charges réellement engagées sur justificatifs ou sur la base de la dernière liasse fiscale, dans la limite du montant souscrit.

La garantie frais généraux consomme-t-elle le plafond Madelin ?

Non. Les cotisations de prévoyance sont déductibles dans le cadre Madelin à hauteur de 3,75 % du bénéfice plus 7 % du plafond annuel de la sécurité sociale, dans une limite de 11 534,40 €. La garantie frais généraux est déductible en charge d'exploitation et ne s'impute pas sur cette enveloppe. C'est un avantage fiscal souvent ignoré.

Combien coûte une prévoyance de restaurateur ?

Les fourchettes relevées pour un commerçant de la restauration autour de 40 ans s'établissent entre 75 € et 120 € par mois, avec une formule de base arrêt et invalidité autour de 80 € et une moyenne de marché proche de 85 €. La garantie frais généraux s'ajoute, généralement pour 15 % à 25 % de la prime de prévoyance.

Quelle différence entre frais généraux permanents et frais supplémentaires ?

Les frais généraux permanents couvrent les charges qui continuent malgré votre absence : loyer, salaires, assurances, abonnements. Les frais supplémentaires d'exploitation couvrent les charges nouvelles créées par votre absence : recrutement d'un remplaçant, heures supplémentaires, recours à un prestataire extérieur. Ce sont deux garanties distinctes, qui se souscrivent séparément.

Mes salariés doivent-ils être couverts par un régime collectif ?

Oui. La couverture frais de santé collective est obligatoire depuis le 1er janvier 2016 pour tout employeur, financée au minimum à 50 %. En restauration, la convention HCR ajoute une prévoyance obligatoire pour les non-cadres, à 0,86 % du salaire de référence répartie par moitié entre l'employeur et le salarié, avec un taux minimum de 1,50 % pour les cadres.

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