Prévoyance ostéopathe : la CIPAV ne verse plus rien après 90 jours d'arrêt
Un ostéopathe libéral est affilié à la CIPAV, la seule grande caisse — avec la CAVP des pharmaciens — à ne verser aucune indemnité journalière. En 2026, il ne perçoit que les IJ de la CPAM : 43,84 €/jour pour 32 000 € de revenu annuel (1/730e du revenu, entre 26,33 et 197,51 €), du 4e au 90e jour. À partir du 91e jour : 0 €, jusqu'à une éventuelle invalidité d'au moins 66 %. Pour un métier aussi physique, c'est le pire scénario réglementaire possible.
Un métier qui repose à 100 % sur votre corps
L'ostéopathie est un métier manuel au sens strict : épaules, poignets, dos travaillent à chaque consultation. Les trois risques qui reviennent dans les dossiers d'arrêt sont connus :
- Les troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs — tendinopathies de l'épaule, canal carpien. Une épaule douloureuse ne réduit pas votre activité de 20 % : elle l'interrompt.
- L'absence totale d'IJ CIPAV après le 90e jour — précisément la durée typique d'une pathologie d'usure, rarement réglée en trois mois.
- Une patientèle volatile : contrairement à une infirmière en tournée, vos patients ne vous « appartiennent » pas. Un cabinet fermé six mois se vide au profit des confrères voisins.
Ce que vous touchez réellement en arrêt de travail
Depuis le 1er juillet 2021, la CPAM verse un socle d'IJ commun à toutes les professions libérales de la CNAVPL. Ce socle s'arrête au 90e jour ; ensuite, chaque caisse prend — ou non — le relais. La CIPAV ne le prend pas.
| Période | Qui verse ? | Montant journalier |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne (carence) | 0 € |
| Jours 4 à 90 (87 jours max) | CPAM (socle des libéraux) | 1/730e du revenu moyen 3 ans : 26,33 à 197,51 € (max 360 IJ sur 3 ans) |
| Jour 91 et au-delà | Personne — la CIPAV n'a aucune IJ | 0 €, jusqu'à une éventuelle pension d'invalidité (capacité réduite d'au moins 66 %) |
| Invalidité (≥ 66 %) | CIPAV | Part forfaitaire 2 403 €/an + part proportionnelle en points. Exemple officiel : revenu 20 000 € → 10 120,94 €/an |
| Décès | CIPAV | Capital 7 209 € + part en points (exemple officiel : 30 362,82 € pour 20 000 € de revenu) ; rente conjoint et rente par enfant |
Cotisation invalidité-décès CIPAV : 0,50 % du revenu (2026). L'absence d'IJ propre est confirmée par la caisse et par des sources tierces (Apicil, Previssima).
43,84 €/jour. C'est l'indemnité d'un ostéopathe à 32 000 € de revenu annuel (32 000 ÷ 730) — la moitié de son revenu journalier calendaire de 87,67 € — et uniquement pendant 87 jours. Ensuite : zéro.
Exemple : Léa, ostéopathe, 32 000 € de revenu, 6 mois d'arrêt
Léa, 34 ans, exerce seule en cabinet à Lyon et dégage 32 000 €/an. Une tendinopathie chronique de l'épaule droite — l'épaule qui travaille — l'arrête 6 mois, soit environ 180 jours.
| Période | Indemnité | Perçu |
|---|---|---|
| J1 – J3 (carence) | 0 €/j | 0 € |
| J4 – J90 (87 jours) | 32 000 ÷ 730 = 43,84 €/j | 87 × 43,84 = 3 814,08 € |
| J91 – J180 (90 jours) | 0 €/j | 0 € |
Revenu non réalisé sur 6 mois : 32 000 × 6/12 = 16 000 €. Reste à charge : 16 000 − 3 814,08 = 12 185,92 €, soit un taux de couverture de 23,8 % — pendant que le loyer du cabinet et les cotisations URSSAF continuent de tomber.
Et encore : Léa déclare son revenu au réel. Si elle exerçait en micro-entreprise, ses IJ seraient calculées sur son chiffre d'affaires après abattement de 34 % — pour 32 000 € de CA, une assiette de 21 120 € et une IJ de 28,93 €/jour seulement (21 120 ÷ 730).
Combien coûte une vraie couverture ?
Pour un profil libéral de cabinet de 30-40 ans assurant 2 500 à 5 000 €/mois, les fourchettes relevées publiquement vont de 50 à 100 €/mois, avec des formules d'entrée dès 26 à 40 €/mois. À 34 ans, avec la cotisation CIPAV invalidité-décès la plus basse du marché (0,50 % du revenu, soit 160 €/an pour Léa), le budget global reste raisonnable — voir notre page prix d'une prévoyance. Deux points de vigilance spécifiques au métier :
- Les exclusions dorso-psy : certains contrats d'entrée de gamme excluent les pathologies du dos et les affections psychiques, c'est-à-dire les deux premiers motifs d'arrêt long d'un ostéopathe. Un rachat d'exclusion vaut son surcoût.
- Le barème d'invalidité professionnel : une invalidité évaluée « toutes professions » peut juger un ostéopathe à l'épaule détruite capable de travailler. Exigez une évaluation par rapport à votre métier.
Si vous êtes en micro-entreprise, rappelez-vous que la cotisation ne sera pas déductible (pas de Madelin en micro) : comparez les prix TTC réellement sortis de votre poche.
Quand pouvez-vous attendre ?
Notre métier de courtier serait plus simple si la réponse était « jamais ». Elle est plus nuancée. Si vous disposez d'une épargne de précaution couvrant 6 à 12 mois de charges fixes et de train de vie, les 90 premiers jours et même un semestre d'arrêt sont absorbables : l'urgence porte sur l'arrêt long et l'invalidité — les garanties les moins chères à assurer, précisément parce qu'elles sont rares. À l'inverse, un ostéopathe installé depuis deux ans, avec un prêt professionnel et sans réserve, n'a pas ce luxe : chez lui, c'est le contrat complet dès le premier euro qui se justifie. Et ne confondez pas ce sujet avec votre complémentaire santé : une mutuelle prend en charge des frais de soins ; votre revenu, lui, reste à votre charge — la distinction est détaillée dans mutuelle ou prévoyance.
Quand il ne faut pas souscrire, ou pas tout de suite
Un ostéopathe en début d'installation, avec une patientèle encore mince et un revenu sous le seuil des 4 582 €, verra une cotisation peser lourd au regard du revenu qu'elle protège. Dans cette phase, une garantie limitée à l'invalidité et au décès, avec une franchise longue de 90 jours, coûte deux à trois fois moins cher et couvre l'essentiel : le risque de ne plus jamais pouvoir manipuler.
Un praticien salarié d'un centre de santé ou d'un cabinet pluridisciplinaire relève du régime général et souvent d'une prévoyance collective : le raisonnement de cette page ne le concerne pas. Vérifiez votre bulletin avant toute démarche.
Enfin, si votre conjoint dispose d'un revenu stable couvrant les charges du ménage et que vous n'avez ni emprunt ni loyer de cabinet, le trou de la CIPAV reste réel mais devient supportable. Une franchise de 90 jours suffit alors, et l'argent économisé sur la prime est mieux placé ailleurs.
Questions fréquentes
Quelle est la caisse de retraite et de prévoyance des ostéopathes ?
Les ostéopathes exclusifs exerçant en libéral sont affiliés à la CIPAV pour la retraite et l'invalidité-décès. Pour l'assurance maladie et les IJ des 90 premiers jours, ils relèvent de la CPAM, comme toutes les professions libérales rattachées à la CNAVPL depuis le 1er juillet 2021.
Que touche un ostéopathe en arrêt maladie ?
Après 3 jours de carence, la CPAM verse 1/730e de son revenu moyen des 3 dernières années, entre 26,33 et 197,51 €/jour, du 4e au 90e jour. Pour 32 000 € de revenu annuel : 43,84 €/jour. À partir du 91e jour, la CIPAV ne versant aucune IJ, l'ostéopathe ne perçoit plus rien.
La CIPAV verse-t-elle des indemnités journalières aux ostéopathes ?
Non. La CIPAV n'a aucun dispositif d'IJ. Ses seules prestations de prévoyance sont une pension d'invalidité (capacité réduite d'au moins 66 %) et un capital décès. Un arrêt qui dépasse 90 jours n'est plus indemnisé du tout, quelle que soit sa durée.
Combien coûte une prévoyance pour un ostéopathe ?
Pour un profil de cabinet de 30-40 ans assurant 2 500 à 5 000 €/mois : 50 à 100 €/mois selon les relevés publics, avec des entrées de gamme dès 26 à 40 €/mois. Vérifiez surtout l'absence d'exclusion des pathologies du dos et des membres supérieurs — les premiers risques du métier. Détails sur la page prix d'une prévoyance.
Un ostéopathe en micro-entreprise est-il moins bien couvert ?
Oui, doublement. Ses IJ sont calculées sur le chiffre d'affaires après abattement de 34 % (BNC), donc sur une assiette réduite d'un tiers. Et il ne peut pas déduire ses cotisations de prévoyance au titre de la loi Madelin, réservée aux régimes réels.
Ostéopathe : chiffrez votre trou de couverture
Le simulateur applique votre revenu réel au barème CPAM et affiche ce qu'il vous restera à partir du 91e jour : rien.
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Vous savez maintenant ce que verse votre régime. L'étape suivante : sur quels critères arbitrer, et à quel prix — notre comparatif prévoyance ostéopathe détaille les clauses à exiger et les erreurs fréquentes.
Voir les critères de choixSources
- lacipav.fr — Dispositif d'indemnités journalières — consulté en août 2026.
- lacipav.fr — Pension d'invalidité — consulté en août 2026.
- lacipav.fr — Capital décès — consulté en août 2026.
- ameli.fr — Arrêt maladie des professions libérales — consulté en août 2026.
- Apicil — Les prestations de la CIPAV — consulté en août 2026.
- Comparatif-prevoyance.fr — Tarifs prévoyance maintien de salaire — consulté en août 2026.
- Tessoria — Madelin ou non-Madelin — consulté en août 2026.